(Tout) et n'importe quoi.

06 avril 2012

tumblr_m1ljjgdki91r1bk4l

Posté par Ankylosee à 20:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


26 mars 2012

La beauté de l'ironie lucide.


"Qui se tient au bord de la falaise ne s'y tient déjà plus."

Laszlo F. Földényi

Posté par Ankylosee à 17:19 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
29 janvier 2012

Sans Titre I

Jan ScholzCe n'est qu'un muscle. Un vulgaire muscle aussi sale que tous les autres organes. C'est scientifique, c'est prouvé. Il ne vibre pas, il bat. Il bat avec l'entêtement d'un idiot, répétant inlassablement le seul mouvement qu'il connaisse. Il n'y a que les humains pour lui prêter des velléités et en faire le guide de chaque frisson.
Et pourtant, je le sens. Il se serre jusqu'à ralentir ma course. Parfois jusqu'à faire plier l'immense enveloppe qui le dissimule. Je le sens, depuis quelques heures déjà. Ce n'est pas une caresse ou le doux ronronnement d'une musique ancienne et rassurante. Ce n'est qu'une masse qui, toute seule, s'essort comme une éponge que l'on presserait avec toute la férocité des derniers instants.
La main qui le presse est une partition portée par une voix. De cet essorage ne sort rien d'autres que des larmes. De la transparence qui charrie les saletés noirâtres de mes yeux fardés pour sortir et mentir au monde que je croise et qui se moque de moi comme je ne sais le confondre du regard. Mon coeur se serre sous la pression de cette chanson. Mes yeux se répandent sous les mots que d'autres chantent et qui me collent à la peau. Je ne sais que la passer en boucle. La puissance de l'écho, peut-être, la force de l'abandon, sans doute. 
Ce soir je n'ai envie de rien. De personne. Mais à notre époque il n'y a aucun moment de répit. La solitude se subit, mais elle ne se choisit plus. Des appels, des mails, des sms, des notifications. Il y a toujours un bip pour vous sommer de répondre présent. Présent à quoi ? Pour quoi ? A qui ? Alors je monte le son. Il n'y a plus rien et plus personne, juste les écouteurs qui titillent mes tympans. Le volume poussé en est presque douloureux. C'est à ce prix que je me fonds dans les bras de cette berceuse qui me vrille et me tire une substance qui ne ment plus.
Et mon coeur se serre de plus belle.


Photographie : Jan Scholz.
Musique : Celle qui serre le muscle.

Humeur : Presque seule.

Posté par Ankylosee à 23:16 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
05 janvier 2012

2012

tumblr-mains visageJ'aimerais y croire encore. Même par épisode. Qu'une flamme me réchauffe quelques heures avant de s'éteindre et de me plonger dans la lucidité. 2012 débute et avec elle, le réveillon de la Saint-Sylvestre, sa fête, ses voeux que l'on offre ou que l'on jette par politesse en même temps que les bonjours, ses bonnes résolutions dont le seul principe n'est pas la réalisation mais l'énonciation passionnée. J'aimerais croire encore que tout est possible. Décembre est une douche qui nous lave de nos erreurs, de nos faiblesses et nous rend étincelant, vaillant et décidé. Si je vois mes lacunes, mes fautes, mes échecs, si j'en tire les conclusions attendues, je ne parviens pas à être neuve. Quelques heures au moins. Les réveillons passent et les mues ne tombent pas. Je traîne des vies mortes à même ma peau. J'aimerais savoir faire preuve d'humour, de fanstaisie, de lâcher prise, de simplicité. Mais entre mes mains, tout résonne avec sérieux. Avec poésie parfois, mais toujours avec sérieux. Je suis une fille bien trop sérieuse, pas assez libérée. Je me noie sous la vague de mes éternels défauts et j'en viens à détester parfois cette fausse joie qu'impose la nouvelle année. Je m'en hais d'autant plus. Mes résolutions n'en sont pas. Je me fais des promesses, celles qui me délesteront autant de douleurs que de vie. Achevez-moi, je n'en peux plus.

Lecture : Sylvia Plath
Musique : En alternance : le silence et le vent
Humeur : Adipeuse

Posté par Ankylosee à 15:21 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
23 novembre 2011

Le socle des vertiges.

19812336

 

"T'avais raison, j'ai été con. Je passe à côté de ma vie, j'ai peur qu'un homme vienne tout chambouler, c'est vrai que j'écoute rien, j'écoute mal. T'avais raison."

Citation : "Les adoptés", un film de Mélanie Laurent (sortie en salles aujourd'hui).
Humeur : N'écriras pas la suite de la citation, parce qu'elle ne colle pas à la peau.
Musique : I Might Float - Syd Matters


Posté par Ankylosee à 15:29 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
16 novembre 2011

(In)Compréhensions.

921847307a1cJe te connais, mais je te comprends si peu. Je te ressens, et pire, te pressens, décrypte tes silences, tes mots retenus. Je perçois les chemins que tu empruntes dès ton premier pas hésitant sur le terrain meuble de tes doutes bousculés par tes envies de t'exprimer et de transmettre ta pensée. C'est aussi  déroutant pour toi que pour moi, tu sais. Je te ressens, mais je ne saisis pas tout de tes mots et de ce que tu dissimules en eux. Je ne comprends pas pourquoi tu me parles de l'anorexie des autres. Même encore après que tu aies lu tout ça. Pourquoi tu arrives sur cette planche savoneuse sur la pointe des pieds pour finalement enfoncer tes os dans ma chair? Pourquoi t'émerveilles-tu de la vie des autres, de leur souffrance à leurs joies ? Pourquoi insistes-tu sur leur sourire ? Me trouves-tu si réfractaire au bonheur ? Comprends-tu que je ne veux pas rire par obligation en réponse à un ordre, et que je préfère pleurer sous le poids de la folie de certains, des coups que prennent mes proches, des errances d'un monde qui distribuent des parachutes dorés au lieu de colis alimentaires en Afrique ? Non, cette fille dont tu me racontes l'histoire et qui a décidé d'être heureuse, envers et contre tout, qui s'apllique à l'être comme un bon petit soldat, ne me séduit pas. Je ne la trouve pas incroyable d'aimer vivre malgré ses drames. Son application à être heureuse et à réaliser tous ses projets me donnent la nausée. Sur quoi ferme-t-elle les yeux pour que s'élèvent ses rires ? Elle a mis de côté ses douleurs pour parvenir à rire, mais elle a aussi oublié le monde et les plus démunis qu'elle pour cela. Je préfère recevoir des coups plutôt que d'ériger ces murs-là. Je préfère rêver d'un monde meilleur jusqu'à en vomir de dégoût et de conscience de l'illusion plutôt que de me détourner de lui. Je préfère mes amis, qui ne sont pas toujours drôles, qui encaissent avec des ricochets, mais qui sont terriblement vivants, à une bande de copains de délires. La profondeur me touche davantage que la voûte colorée d'une superficialité revendiquée. Mais ne te méprends pas, cela ne signifie pas s'enterrer vivant ni même être un tant soit peu masochiste. Seulement ouverte aux autres, avec leur pire et le meilleur. Je préfère te décevoir, en n'étant pas assez pleine de vie et débordante de rires, de joie, d'envie de vivre, plutôt que de me concentrer sur mon bonheur. Car pour y parvenir, il faut oublier les autres, tous les autres. Ne pas fournir l'effort d'être heureuse, ne pas choisir d'être heureuse, ce n'est pas se concentrer sur ses douleurs et sur celles des autres, proches ou inconnus. C'est être ouverte au monde, tour à tour réjouissant et déprimant. Je ne veux pas oublier ce que d'autres vivent autour de moi pour atteindre l'euphorie permanente. Pardonne-moi de ne pas te renvoyer le reflet de ces vies que tu me racontes avec une emphase ébahie. Pardonne-moi de ne pas comprendre pourquoi tu me parles toujours et encore de l'anorexie des autres. Pardonne-moi de comprendre que tu souhaiterais que j'atteigne ces cieux-là, un jour. Pardonne-moi de t'écouter et de débouter à la fin de tes discours. Je te connais, peut-être trop, mais je ne te comprends pas toujours. Parfois, je prefère aussi feindre de ne pas te comprendre. Pardonne-moi.

Photo : Alexandra Sophie
Musique : L'écho

Posté par Ankylosee à 23:28 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
13 novembre 2011

Je suis le bruit du vent dans les arbres.

emma_del_rey2Le vent souffle trop fort sur les ponts de pierres de Paris, je n'entends plus la mélodie des mots qui pourraient me délivrer. Debout, au milieu de l'obscurité que l'incandescence de mes cigarettes ne rompt pas, je ne marche plus. Je m'écroule sur les bancs froids. J'observe les valses et ne saisis plus la transe de la vie. Mes phrases tournent en rond autour de colère-tristesses qui ne disent rien de ce qui me blesse, de la vague qui me ravage, du poids qui enfonce ma cage thoracique, du souffle et des désirs qu'ils me manquent. Ce que j'écris n'a plus de sens. Il y a trop de censure et d'incapacités à verbaliser. En moi brûle bien plus que ce que je parviens à le dire ici. Focalisée,  à terre, je ressasse les mêmes sensations, mais les véritables sentiments demeurent indicibles. Il est temps de laisser le vent chanter.

Photo : Emma Del Rey
Titre : Camille - Tout dit
Humeur : Vaincue

Posté par Ankylosee à 22:10 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]