Elle a saisit. Ou du moins, elle l'avait déjà compris. L'emprise lui brise souvent la raison. Mais cette fois, elle feinte. Et pare les coups. Elle sait. Qu'il ne faut pas laisser se reflèter les pensées dans le miroir. Ne rien écouter des monologues à destinataire unique. Encore moins les valider. Et essuyer un à un les crachats puisqu'elle les prend de pleine fouet, encore. Elle doit détourne le regard pour ces renvois là. Ceux de sa propre voix verbalisée par une autre. Etrange dichotomie qui n'est pas sans contradiction ni dénégation de soi. Il est des scissions qui sèment plus encore les chercheurs. Des remises en doute insondables. Se perdre pour se retrouver. Soit. L'esquive est douloureuse. Mais elle sait.

Elle voit. Au détour d'une porte de métro qui se refermer. Un sac à patate. Informe. Blème. Et puis, elle comprend. C'est elle. Elle remarque. Un jean. Un tee-shirt bleu. Un sac beige. C'est bien ce qu'elle a enfilé ce matin. A force de ne pas savoir se confronter aux murs de miroirs des cabines d'essayage, elle ne ressemble plus à rien du tout. Déjà qu'elle ne se ressemblait pas. Vestimentairement parlant, elle perd des points. Juste des franfreluches de tissus. Sans classe ni charme.
Là. Elle s'est retrouvé par hasard. En face d'elle, apparement. Théoriquement. Elle a reculé. C'est idiot. Elle n'y a pas cru. En un constat. Elle ne reconnaît rien. Des détails de ce qui l'enveloppe pour signer l'appartenance. Lien entre l'original et la reproduction. Mais la marque de fabrique a du s'estomper. Un éclat. Sa médaille. Identifiant pour le service scientifique. Pauvre tentative de se dédicacer dans les brouillards épais. Autrefois. Elle voit. Mais ne se voit. C'est elle. Ce n'est pas elle. Etrange confrontation. Anodine rencontre dans les reflets urbains. Elle qui s'accroche habituellement au bitume ou aux derniers étages des immeubles ou aux pages de ses romans. Elle s'est pris la réflection en plein visage. En pleine incompréhension. Rien n'est sien.
Alors, en désespoir de cause. Elle a provoqué les heurts. A l'abri de son appartement. Sans quête aucune. Sans page blanche aux cris de dégoût. Loin de tout cela. Elle n'entend rien. Elle regarde seulement. Médicalement. Froidement. Avec distance et circonspection. Seulement les contours. Pour voir. Savoir. Ce qu'est que cela. Une histoire de silhouette. Ne plus s'indigner en saisissant l'origine d'un reflet. Alors elle regarde. Persiste. Ne baisse pas les yeux sous le poids des larmes qui perlent à ses cils. Elle a passé un moment. Comme ça. Entre distance et rapprochement. Et puis, elle est tombée. Des genoux mous tout d'un coup. Elle ne s'est pas reconnue. Elle ne sait pas qui elle cherche. Peut-être qu'il n'y a rien à trouver. Ni désillusion ni trésor. Ni âme ni vibration. Qu'elle n'est qu'un cintre en 3D. Elle ignore encore. Toujours. Pas de rencontre à saluer. Que des absences.