Trois mots d'introduction ont suffit. Au son de sa voix. Ce "comment tu vas ? " de trop après trois appels aujourd'hui. Ce timbre là, elle ne l'a pas souvent. Il en est d'autant plus effrayant. Il lui échappe. Se moque de son désir de naturel. Il ne laisse place à rien. Seulement à la nouvelle. Qu'elle retient.
Sa mère est à l'hôpital.
Elle attend. Dans le vide. Elle est ailleurs. Pas là-bas encore, elle n'en a pas la force. Elle ira. Plus tard. Elle se tait. Cherche à faire combler ses retenues. A être rassurée. Non pas bernée. Seulement écoutée. Comprise. Espoirs et résignations. Elle sait que rien ne peut se dire. Rien d'efficace. Que tout sera de trop. Ou maladroit. Elle tend des perches aussi. Cependant. Oscille.
Je tente. Me jette, gorge enrouée de mes punitions de la vieille. Voix tremblante de l'enjeu. Doucement, lui murmure qu'il faudra se faire à l'idée. Se préparer. Que pour le moment ça va. Qu'elle doit s'apaiser. Mais que cela ne durera pas non plus. Qu'il est des heures qui approche. A regret, mais sans échappatoire. Même si elle rentre encore cette fois. C'est comme ça. Malheureusement. Et. Elle le sait. Aquièsce. Et refuse dans le même temps. Je lui dis des choses qu'elle ne peut entendre. Que je ne devrais pas lui dire. Peut-être pas moi. Mais qui lui dira ses mots qu'elle désire et repousse dans le même revers de la main. Celui qui essuye ses silences de larmes.

lecon_piano

Pardon Maman.