Prendre ses jambes à son cou quand se déversent le coeur et le corps sur les pavés sublimement détrempés d'une pluie parisienne de janvier. Quand les yeux voient enfin tout ce que les espoirs prémachés dissimulaient si bien ses failles, qu'elle y avait finit par croire en eux. Pierre de salut pour lendemains moroses réitérés qui auraient du se conclure, grâce à l'emprise d'une corosive répétition, par un renouveau. Il n'aurait du subsister que de petites lacunes. De claires cicatrices. Plus ou moins rouges ou bleues, selon la météo. Deci delà. Visibles à l'oeil nu ou perçues par les sensations des sentiments. Elle devait marcher fièrement, en silence et sans rien laissé battre de cette assurance sereine d'avoir pu traverser tout cela. et de vivre encore, amlgré ces certes petits riens, qui brandissent des sens interdits sur les routes escabottés des années de chacun.
Prise au rêve de ses désirs palpables d'irréalités, elle croyait tracer les pointillés de ses lendemains. A coup de craies, de marqueurs, de sang parfois ou de crachats quand plus rien ne va. De petites joies glanées avec délice, le plus souvent.
Pendre ses illusions à son cou. Et. Tricoter de plumes souillées des pigeons grippés un manteau de légerté aussi sâle qu'elle aura été égoïste. Rejoindre enfin l'immaculée surface invisible des nuages vus d'en bas. Jouer de ses airs de petite fille entre larmes et moue quand elle saisit trop tard qu'elle n'aurait jamais vaincue. A défaut d'une tendre comédie, un théâtre de la cruauté qui n'est autre que le pendant de Sarah Kane et de son 4.48 Psychose. Mettre un terme, d'un point, aux babillages puérils.
Prendre les lignes traçées sur une page d'écoliers pour un exutoire qui aurait donner des leçons pour construire les jours prochains. Et sur la couverture, le manque de paralèlles conduit au manuscrit désaveu des possibles tenues altières du cours de sa survie vers la vie. En bas, angle droit. Un point de suspension. Pendre ses silences à l'absence de ligne directrice. Elle avait bien trop ensanglanté les lexiques pour prétendre signifier encore entre vocabulaire et redondance. Les cris se perdent. Comme les idées et les envies.  Les capacités. Juste, un alinéa en retrait. Sans marge ni retour à la ligne. Juste la rigide porte de sortie d'une couverture en papier 200 grs plastifié.
Elle n'a pas su. Vivre au lieu de survivre. Être au lieu de vouloir être. Les forces s'amenuisent d'oxymores en contradictions imprenables. Toutes les douceurs qu'elles croyaient approcher n'auront été que des lames qu'elle n'avait pas vu briller en s'approchant. Elles l'ont transpercés. Mais aussi eux. Elle aurait voulu faire écran. Les pérserver de ses éclaboussures. Ils ne l'avaient pas mérités. Elle ne s'aime pas. N'a pas su se laisser aimer. Non par choix. Quelque chose retourne les baisers en sabres.
Prendre ses grands airs offusqués à défaut d'un appel, d'un mot, d'une demande. Et se cramponner à ce qu'elle estime mal élévé pour se donner un prétexte à la séparation envisagée. Impossible de concevoir de tels sentiments. Entre appels et rejets. Comme s'épuiser à lire des livres qu'elle ne terminera jamais. Un loyer qu'elle erse presque à contre-coeur jusqu'à l'agonie bancaire. Ic ou ailleurs, toujours la cage dorée du corps et de la survie qu'elle ne sait élever au rang de l'affirmation. Pas la force d'assumer. Ne tient pas la longueur qui font des hommes des êtres entiers. Pas plus que de défier les lois. Chute annoncée qu'elle prend comme une fatalité. A défaut de ressources, la sourmission. Quelque chose tout aussi invisible que le visage de l'atmosphère, la retient. La tire vers le bas. Elle n'était pas de ceux qui brandissent les poings. Menottée par d'illogiques et illégales raisons. Elle n'en voyait plus le bout. Plus le but. Elle aurait pu ou aurait du, dit-on. Et a déçu : elle n'a pas su. A aucun niveau. Du plus simple au plus dangereux, aucun pièce du jeu n'a tenu sur son échiquier. Balayé. Ensuite, elle n'a plus vue d'autres solutions. Ni d'autres ponts que le vide. Les points de suspension. Même si elle aime les Autres plus qu'elle. Même si elle a désiré triompher en s'en éccorchée la peau, pour quelques cuillers, quelques baisers, quelques lignes lues ou écrites. Au final. L'hécatombe des lendemains perdure.
Prendre ses jambes à son cou pour fuir sa violence destructrice qui n'a ni queue ni tête. n'est pas méritée. Se mettre à l'abri des ennuis, de soi, de ses faiblesses, de la voix qui hurle, des nuées de coups. Pour reprendre son souffle dans la course folle du combat quotidien. Et puis, endormie dans un repos de guerrier, elle a été débusqué. Par la raison psychiatrique induite à la révélation. Elle ne surmontera jamais les trépas passés. Et construire sur le vent est digne seulement des rois. Elle est rattrapée. Se succombe sans même sans s'en rendre compte à des colères de petite fille pour un verre de trop, un mot de trop, un bout de pain de trop, un silence ou une absence de trop. Au ridicule.  Submergée, se consume sur les pavés de nuit.
Prendre son courage à deux mains. En tête à tête, le motiver à tenir, encore et encore. Elle n'a pas mentit en déclarant la guerre à la lente décomposion de soi. En s'enrageant pour vivre de violence et éclats, de décisions en tentatives. Mais elle a usé ses nuits en des songes sordides. Ceux qui la maintenaient éveillés ont pris leurs jambes à son cou. Personne ne croira en ses combats puisqu'aucun résultat ne les couronnera. Tant de fois les mots ressassés s'éteignent. Vide de sens n'appellent plus réponses. Pas plus que des étreintes qu'elle aurait voulu autant qu'elle les a repoussé. Prisonnière de soi. Comme dans un carcan de matière corporelle où l'esprit atteint de défiances graves ne permet plus un gste. Seulement le cri muet de la détresse d'une infime part de soi. Entre l'Autre, indéfini, multiple et elle, des murailles. Des couches entirères de sédiments, de peurs, de regrets, d'incapacités, et de désirs brûlants. Attaqués, à coups de griffes, de ras le bol d'une frêle épopée. Et jamais entamés, les murs se hissent toujours plus haut au-dessus de ses forces.
Pendre sa raison au fanion de la victoire de l'ennemi au aube sans soleil. Elle a perdu. Elle écrit, cette nuit encore, pour tenter de raccrocher ses espoirs de lendemains au tableau. Mais la plume rougie de ses larmes fantomatiques appelle ses ailes brûlées à l'envol. Les lignes et les carreaux se brouillent sous les larmes qui ne connaissient plus le désert de ses sentiments de coeur de pierre.
Pendre son cou à l'ignorance de tout autres actes salvateurs. Sauveurs. Apaisants.
Elle n'a plus su que faire d'autre.


 


Un_ange_by_TchouMpi

By TchouMpi