30 janvier 2009
Sérum à Volonté.
J'avais de la chair à punir
On l'a condamnée pour faiblesse
Quand on aura tellement purgé
La peine du temps qu'il nous reste
Est-ce que l'Bon Dieu sera soulagé
Est-ce qu'il aura la gentillesse
De me faire oublier le nom
De ce mal que j'ai attrapé
En cherchant l'amour à tâtons
Quand on s'sera tellement couché
Qu'on ne cherchera plus qu'à s'endormir
Y aura sérum à volonté
Mario Pelchat - A ta santé.
Katrin in despair by Suo Me.
28 janvier 2009
Chloé Delaume.
"C'est ce que j'ai dû conclure, puisqu'il a bien fallu. S'acharner plus avant devenait ridicule. Je suis rentré en renoncement, j'ai porté mon échec, distingué mes possibles de mes aspirations. C'est très dur, vous savez, de faire le deuil d'un rêve. Parfois, c'est plus violent que la perte d'une personne, et ça laisse plus exsangue qu'un vrai chagrin d'amour. Orphelin de soi-même, désormais amputé de ce qui maintient en vie."
Chloé Delaume - "Dans ma maison sous terre"
22 janvier 2009
April W.

C'est un infime mouvement. Juste un pied à terre. Celui qui était longtemps resté suspendu dans les airs. Dans l'attente et l'indécision. Dans l'espoir d'un éclat de grâce. Ou d'un coup de grâce. J'ai posé un pied à terre. Un pied hors du cercle.
And now call me April.
April W.
La foule arrive
Et chaque pas
Attise l'envie de pas en être.
Les anonymes - Joseph d'Anvers.
20 janvier 2009
...
Je me fais trop vieille pour ces histoires là.
Pour feindre encore de les croire.
Pour avaler les mots sans ciller.
Trop vieille. Bien trop vieille.
18 janvier 2009
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17 janvier 2009
Les longues journées font de courtes nuits.
Les épaules ouvrent le bal, lâchant en premier. Les clavicules ploient vers l'intérieur. Rejoignent le sternum. Les omoplates cèdent, s'arrondissent, entraînant avec elles l'ensemble du dos. Axe concave. Le diaphragme avale l'estomac. Les côtes heurtent les hanches ramassées au plus près de la masse. Je sens ce corps céder. S'affaisser sous l'emprise de la mélancolie qui m'enlace sur les banquettes déglinguées du métro. Aux coins des rues. Dans les allées des parcs. Sous la douche... Partout. Le cœur cogne sans tact contre la paroi de la cage thoracique. Déformant la peau. Tachycardie douloureuse. A en couper le souffle. Mais il faut avancer. Distinctement, tout sombre dans l'ombre. Mes yeux ne s'arrêtent plus sur la foule, sur les êtres perdus qui tentent de préserver leurs sommeils illégaux sous une couette élimée. Assise au fond du fauteuil, l'épaule droite appuyée contre la vitre, la tête non loin du verre, je sens monter les larmes. Encore et encore. Elles avaient tenu bon au fond de leurs cavités pendant plus d'une heure, sur le bitume. Il n'y avait alors que le rythme du piano et de mes talons. Pas de symphonie des larmes touchants l'asphalte. Et que Paris, de nuit, bouffé les yeux grands ouverts.
Maintenant la voix de Yann Tiersen qui joue sans relâche quelques accords de piano, me renverse. Je me sens glisser hors de ce monde. La vie bat au ralenti dans ce cœur blessant. Comment une si petite chose peut faire aussi mal en faisant son travail ? Je rêve d'une pause. Du silence des pensées aussi. En marchant, enveloppée par la nuit, j'ai mesuré que tant de plaisirs simples, avec des gens adorables, et ce malgré les avancés, étaient encore si loin de moi. J'ai fui les assiettes qu'il faut descendre vite et en public, celles que l'on me proposait de partager en toute bienveillance. J'ai refusé, rouge cramoisi, cherchant un peu d'aide dans les yeux souriants d'une amie. Cherchant comme étayé mon refus sans paraître troubler. Mais en refusant, je suis devenue celle qui se fait remarquer alors que je n'aspire qu'à disparaître. Bien sûr, il n'y a pas eu de scandale. Je reste discrète. Et elles sont passés à autre chose dans l'instant même, une fois mon mensonge gobé. Elles ne m'en tiendront pas rigueur. Moi si. Je n'avais même pas faim. Mais expliquer cela à celles qui s'extasient au-dessus du menu qui n'éveillait pas une once d'envie chez moi, n'a rien d'aisé. Tout de l'imudeur, en revanche. Et je me sentais si peu à ma place, là, parmi elles. Pièce rapportée, peut-être par charité. Mais pas seulement. La petite du coin, de la tablée, celle des passages furtifs. Celle du 20e, aussi. J'ai fui, encore. Je ne supporte plus d'être aussi peu habile dans mes rôles. Comme d'habitude, j'ai eu besoin d'éprouver le corps pour calmer l'esprit. De voir plus loin que le bout de mon nez. Alors, en musique, j'ai bouffé du bitume. Il m'a rempli d'un vide si doux. D'une culpabilité, aussi. D'une solitude dont je suis la seule coupable. j'aurais pu rester. Mais il aurait fallu dîner. Les trottoirs ont été les patient témoins de mes égarements entre petites prises de conscience et aveux de faiblesse. Quand les arpenterai-je sans me délester à chaque pas, seulement pour profiter de lui ?
Dans le métro, mes doigts reprennent des couleurs. Brûlent. Mes jambes tremblent. Mes muscules ont durcit d'être autant sollicité aujourd'hui, et dans le froid mordant de cette nuit. Le roulis de la rame ne m'apaise pas. Je ne trouve pas ma place dans ce monde. Et j'en suis la seule coupable.
Pix By Corvi.
Découvrez Yann Tiersen!
13 janvier 2009
Out Of Control.
Ce froid aura ma peau... Sous un peignoir, un gilet, un pull, un tee-shirt, il se fraye toujours un chemin. Rien ne le trompe. Depuis des années, je grelotte discrètement, hiver comme été. Il use ma peau tendue par la sécheresse, au même titre qu'il malmène ma confiance en demain quand je tournoie au centre de la ronde. Mes résistances perdent de leur vigueur, de leur raison d'être. Mes envies s'endorment de jour en jour, paralysées par le froid qui remonte mes veines et par cette vie qui n'est que combat, sans trêve. Je n'ai plus la force de faire face au froid qui me ronge avec tant de rage. Il se moque de toutes mes tentatives pour l'apaiser. Il est assigné à demeure depuis si longtemps que je ne récupérerai jamais un corps chaud d'une vie assumée et qu'il ne faudrait pas mériter à chaque seconde, pour laquelle il ne faudrait ni faire ses preuves en permanence ni montrer patte blanche. Qu'il me dévore entièrement à présent. J'ai trop lutté, en vain. Je butte contre mes limites. Je n'étais ni un Ange ni un être vivant. Qu'il finisse son travail de sappe. Cela n'a pas d'importance. Qu'il gagne mon cœur bancal et lui souffle son ultime blizzard. Je l'attends, gisant dans une neige fraîche, bleutée par la nuit tombante. Le vent a tout emporté de moi. Je ne suis plus qu'un terrain de jeu, qu'une peau blanchie que le froid fait tressaillir à sa guise. Ce froid a eu raison de moi.
12 janvier 2009
Joseph d'Anvers.
Les jours sauvages ont débarqué
Et la tempête peut commencer
Vidé de tout, désincarné
Il ne s'agit que d'avancer
Encore un pas juste à côté
Encore de moi que j'ai laissé
Comme un revit, comme un déchet
Un individu passager
Ce soir, j'ai perdu par avance
La rage au ventre, j'ai continué
A me noircir, à m'écorcher
A me salir comme un damné
Que le monde aurait oublié
La peur en moi s'est installée
La peur de moi s'est immiscée
Je ne suis plus que le reflet
De cet homme que tu as aimé
Ce soir, j'ai perdu par avance
Ô tristes jours veillez sur moi
Pansez mes blessures de ma voix
Pour qu'elle murmure encore tout bas
Les désordres qui s'installent en moi
Tristes sourires revenez-moi
Réchauffez mon cœur en éclats
Mes hivers qui n'en finissent pas
Ma douleur de vivre ici-bas
Ce soir, j'ai perdu par avance
Par avance - Jospeh d'Anvers.
11 janvier 2009
A la gueule des noyés.
C'est un bord de mer sans vue sur l'horizon dégagé. Un petit surplomb avant le plongeon. Un plongeon dans un Paris baigné de brouillard, figé par la morsure du froid. Ils se regroupent là, à la faveur des baies vitrées. Quelques minutes. Quelques heures. A l'abri des murs englués d'une couleur criarde, factice et tendance. Ils poussent le volume de la musique trop fort, et tentent d'imprimer le timbre de leur voix sur les mélodies qui défilent. Le temps se mesure à la lumière qui décline sur les pavés givrés depuis une semaine. Le ciel perd sa luminosité. Un ciel d'hiver, des tons de bleus et de roses pastels. Et entre les nuages, un soleil aveuglant joue les emblèmes. Etrange alchimie que ce toit céleste de janvier. Et pourtant, elle ne lasse pas. Pas plus qu'elle ne se laisse vraiment saisir. Ils chantent. S'enflamment autour d'une question anodine. Emploient des grands mots dignes des livres de psychologies. Et croient tromper le réel. Ils n'en est rien.
J'ai fini par m'enfuir. Comme toujours. Debout sur le muret, face à un Paris somnolant, j'ai fermé les yeux. J'ai tangué à deux pas du vide, imitant le doux ressac de la mer. J'ai clos plus fort encore mes paupières. Me suis concentrée. Ai espéré. Mais la mer n'est pas venue.
A chavirer sans cesse,
On oublie les promesses.
Lost In The Contemplation By Jozefm.
Joseph D'Anvers - Les cicatrices.
08 janvier 2009
Des vents contraires.
Le tout a un goût de trahison. Un lent poison inoculé aux premiers mots tendus quand il s'était approché pour les quémander. Les dès ont toujours été pipé. Je n'ai jamais été à la hauteur, jamais été un égal. Juste un outil. Et cela me va. C'est moi qui ait donné les règles du jeu. Le tout cède au retour poisseux de ma lâcheté, qui englue mes presque légitimes protestations nourrie d'une solitude sans fond face à cette amitié qui s'étiole. A force d'avoir la faiblesse de me taire, reviennent en rafale les déflagrations et l'incompréhension face aux bribes de mots enfin murmurés. Il ne fallait rien dire, je l'ai toujours su. Je n'aurai pas du écouter les "il faut", ils mentent autant que moi. L'effort d'appeler au secours, avec toute la maladresse qui me caractérise, n'aurait pas du être fourni. Il s'en moque de mes mots tant que j'écoute et répond à ses maux. Les console. Son indifférence et ses reproches me sont revenus comme un boomerang en plein visage. Cisaillée. Il avait perdu l'habitude de m'entendre utiliser le "je" dans la catégorie confessions. Il ne sait plus que m'opposer ses contestations et son "je" en guise de réponse aux rares miens et à tout aussi rares aveux de besoins. Il ne me voit plus qu'à travers lui, à force de ne plus entendre parler de moi. Je ne lui en veut pas. J'ai juste un peu mal. Un peu plus. Je me perds sur tous les bords, plus seulement dans mon regard, mas aussi dans ses yeux. Comme dans ceux de tant d'autres. Les plaies s'élargissent dans mon cœur de poltronne déséquilibrée. Emprisonnée entre ma couardise, mon rôle huilé, mon incapacité à crier, à gonfler le torse et les habitudes que je lui ai donné d'être le support à son "je", pas une incarnation à part entière du mien, je reste interdite. Pas un mot plus haut que l'autre, je me tapisse dans le décor de peur de le voir s'effriter. De rayer de mes larmes ses sourires, de lui voler ses sombres épanchements en énonçant ponctuellement mes douleurs pourtant quotidiennes, même si j'aurais été, ce jour là, la première à me risquer à l'honnêteté. De peur de me retrouver plus seule encore, peut-être bien. Au nom de cette fidélité dont je me gargarise souvent. Le tout a un goût amer et vire à l'indigestion.
A l'auto-indigestion.
&
Et j'vais me dire que c'est pas grave
Que c'est juste un mal comme un autre
Que tous ceux qui m'aiment le savent
Et se disent pas que c'est ma faute
Mario Pelchat - Linda Lemay.
Pix by Suo Me.





