28 février 2009
Voilà.
Voilà, c'est fini.
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère.
T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu.
Voilà, c'est fini
Voilà c'est fini - Jean-Louis Aubert
27 février 2009
Et autrefois me revient.
Un enfant ne devrait jamais apprendre la couleur de la douleur dans les yeux de sa mère.
Et tout me revient. Je me souviens. De tout. Des premières larmes que j'ai vu s'échapper de son regard vidé par la tristesse sans fond. Et mes bras étaient toujours trop courts pour enlacer et étrangler ses douleurs. Jamais les bons, non plus. Je me souviens de leurs cris. De ses sourires retrouvés à la volée. Ceux épiés du fond des armoires. Et des torrents qui l'ont anéanti, ensuite. Des papiers trouvés, après avoir fouillé. Quelques chiffres d'un numéro d'urgence. De mes bras, toujours si peu suffisants. Si peu. Je me souviens des promesses à la lune pour la venger. La protéger. Et faire renaître son sourire d'autrefois, de si loin, quand elle nattait mes tresses d'enfant. Je me souviens. De tout. Je n'ai pas oublié que j'ai échoué.
Doll' Dark by LittleFlair
24 février 2009
Fois Huit.
Fière, à la puissance huit.
Merci, fois huit.
J'ai du mal à vous le dire
Tellement honte d'en sourire
Heureusement que j'ai eu mal
Tout ça était fatal
Ca me fait rire qu'à moitié
Ca me fait rire en silence
S'il me reste un sanglot
Une petite lampe allumée dans mon âme
Je les offrirai aux autres
Je me suis pardonnée
Je me suis tellement manquée - Véronique Sanson
14 février 2009
Great Expectations.
Les mots suffisants me font défaut. Il me manque ceux que je voudrais leur tendre pour dire précisément. Leur dire. Je reste en dessus des choses. Tout vibre, non pas en mots, mais en sensations. Quelque chose de l'ordre du tremblement, de l'élan, de l'éclat, de l'admiration. Reste l'envie de les serrer dans mes bras pour lâcher tout ce qui échappe de ma voix. Pour contrer les attaques du sort, aussi. Fière, oui c'est cela. Terriblement fière de vous. Appoline & La Cabotine. Pour tout un tas de raisons. Je n'ai pas de mots pour le dire. Juste des étoiles à glisser sous leurs pas qu'elles ont tourné vers demain. Malgré la boue qui colle avec tant d'injustice à vos semelles. Qui peut vous faire trébucher, douter, regarder en arrière, baisser les yeux et par moment, les bras. Ou qui vous poussent à vous faire mal alors que vous méritez l'exact opposé en dose maximale. Je n'ai pas les mots. Juste des rêves d'astres que j'imagine luisants, chaleureux, puissants. Des étoiles du Berger amassées au fond de mes poches et dont j'aurais pu faire des chemins pour vous, pour toutes ces âmes qui se battent sans répit pour vivre, être, pour toucher du doigt désir et cieux bleutés. Pour mettre encore un pied devant l'autre, un sourire franc et ravageur sur les lèvres, un coeur qui bat sans rompre, sans douleur. Oui, je suis fière de vous. Vraiment fière. Et je suis heureuse de vous avoir un jour croisé, petits Anges. Bonne route à vous deux. Un sentier loin, encore, vers demain. Loin. Haut sous le soleil.
Bonne route à toutes.
Great Expectations By Nonnetta.
Haruki Murakami.
Rien ne peut calmer la douleur. En allant au bout de cette
souffrance, on apprend quelque chose
qui ne nous est d'aucune utilité
pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra.
La ballade de l'Impossible - Haruki Murakami.
On Air : Another Word - Antony & The Johnson
13 février 2009
( sans titre )
Il me semble parfois qu'il suffirait de presque rien. Un coup de rein. Une claque ou un élan, les yeux fermés très forts, pour ne pas trembler en avançant. En prenant connaissance de. Il me semble parfois qu'une porte n'est plus si loin. Qu'il y a eu des pas. Pas seulement de la part des âmes qui autour de moi se débattent dans des marasmes aux mêmes tonalités grises. Celles-là même que j'admire et encourage. Mais que mes tentatives ont aussi produit du mouvement. Un peu de vie. Il me semble parfois qu'une porte s'entrouverte et que de la lumière s'en échappe. Une issue. Pas la sortie, il reste trop de choses. Trop de dégâts collatéraux. Et toujours quelque chose qui me fait boiter. Une fil à la patte. Il me semble parfois qu'une aire de repos, un pallier, un cran de sécurité n'est plus si loin... Comme un sas à passer pour mieux respirer. Il me semble si souvent que cela pourrait presque être possible. Et puis, tout s'écroule si vite. Trop souvent encore.
By http://thezooundercontrol.fr/
07 février 2009
De Neige & De Vent.
Je ne suis plus que cela, tu vois. Tout s'effiloche depuis longtemps déjà. Et aujourd'hui, tout a rompu. Je ne le supporte plus. Plus d'être cela, cette chose là. Et tout ce qu'elle sous-entend. C'était une des hypothèses plausibles. Je le savais en enfilant les gants, il y a trop longtemps. La bataille n'était pas gagnée d'avance. Aujourd'hui, je baisse la tête. Je n'ai plus raison de lever les yeux sur ce que je suis. Tout ce que je ne voulais pas devenir, je l'incarne. Tout ce qui me faisait frémir de peur et de dégoût, je le porte à même la peau. Tout ce qui me faisait fuir et prier les étoiles pour ne pas suivre ce chemin là, stagne entre mes mains. J'ai tout essayé pour me résigner. Pour ne pas en être blessée. Ni handicapée. Pour faire avec. Pour changer la donne aussi, évidemment. J'ai échoué, tu vois. Aujourd'hui je déteste ce que je suis. Et je redeviendrai celle qu'ils détestaient.
Je les écoute parler de la vie. De sa beauté. Avancer qu'elle est courte. Qu'il faut en profiter. Je les regarde se battre avec force et raison, afficher des sourires et des envies, des luttes. J'acquiesce. Applaudis. Admire. Mais n'ai pas ces capacités là. Juste le regret de ne pas être du même bois. De n'être que cette chose là. Vaine. Empêtrée. J'ai échoué à être là, à m'oublier, tu vois.
J'ai marché sous la neige en écoutant en boucle deux chansons de Radiohead. Je n'ai vu personne. Il me fallait seulement avancer. Délester cette douleur du constat qui ne peut plus être nié. Je sentais ma peau se raidir au contact du froid. Mon regard se durcir. Je n'ai échangé ni mot ni sourire. Il fallait juste marcher. Dans une urgence qui n'a aucun sens. La neige tombait depuis des heures. Elle a recouvert mes sombres habits. Mes cheveux. Par endroit, en gouttelettes d'eau, elle a lentement ruisselé le long de mes joues. Remplaçant ainsi les larmes qui ne coulent plus. Tout est tari. Sec. Tout est moisi, mort dans ce corps. Pourquoi n'acharnerais-je encore à le faire vibrer alors que je n'ai qu'une envie, me laisser dépérir.
Je serai de neige et de vent.
La Tresse By Mrs Thi.
02 février 2009
L'Infréquentable.
Elle est comme la marée. Tout le monde connaît son existence. Et tout le monde se laisse prendre un jour à son piège. S'étonne de sa puissance. De sa rage. De sa vitesse à engloutir. Elle est comme une surprise. Une mauvaise surprise. Elle s'annonce à pas de velours. Me tombe dessus. Et me submerge. Me noie. Me force à me débattre contre moi. Et augmente ainsi son emprise. Ses mains ne relâchent leur étreinte qu'une fois mon cou et mon coeur bleuis. Ma survie essoufflée. La violence mêlée de colère. Elles sont aussi muettes l'une que l'autre. Aussi orgueilleuses et dévastatrices. Je tourne en rond. En cage. En proie aux doutes. Aux larmes. A la solitude. A l'impérieux désir d'envol. D'un grand trait tiré sur mes veines. Il faut qu'elles sortent. Que je libère, d'une manière ou d'une autre, ces fauves qui coulent en moi. M'érodent. Mais je suis cloîtrée en moi. Chez moi. Nuit oblige, je ne pas allée m'user sur les trottoirs. C'était ma parade. Mon alternative aux lames. Les vider de toute mon énergie et les réduire aux murmures. Les contraindre aux chuchotements en les privant de mes dernières forces. Et me clouer au sol, exténuée. Sourde. Elles ne cèdent pas. Ne céderont pas. Elles ne se lassent de rien. M'agitent sans fin. Je les connais très bien. Il leur faut un exutoire pour se tenir au silence, pour une nouvelle période dont elles seules estiment la durée. Il leur faut une violence plus grande encore que celles qu'elles sont. Je n'ai plus le choix. Je dois les exterminer avant qu'elles ne m'éparpillent. Les apaiser. Les nourrir. Tout ce qui traîne à portée de la main fait l'affaire. Il y a cette violence en moi qui ne passe jamais ni la frontière de l'épiderme, se promène seulement sous la peau. Derrière le rempart de mes lèvres à jamais closes. Il lui faut de l'espace. Courir sur une peau desséchée par l'amertume de la vie. La rougir. Il lui faut assigner le corps sous son joug pour s'assoupir. Il lui faut plier et rogner le corps pour se repaître et bercer l'âme d'un délicat chant. La Belle au Bois Dormant a ses exigences. Et moi, plus de moyens de la contenter. Le jeu ne l'amuse plus. Elle réclame son dû. Elle gronde et hurle.
Je n'ai plus le choix.
Pix By Coffee & Pepper
A ces fous qui comme moi finiront pas la nuit.
Si
je ferme les yeux assez fort. Si je prie avec assez de coeur et de ferveur. Si je suspends le cours des heures dans un élan. Si je me berce de douces et chimiques illusions. Me réveillerais-je encore ? Des jours et des jours dont je ne vois pas le bout, en une sombre guirlande dansent devant mes mains tendues qui ne parviennent à leur tordre le cou. Je veux un
sommeil sans trêve. Une nuit sans aube. Cette vie qui n'en a pas la prestance me donne la
nausée. Et le dégoût de moi. Je n'ai plus rien à offrir. Patiemment je traîne ce corps et mes sourrires usés dans la cacophonie des rues, des rendez-vous, dans les bureaux des oblogations. Je ne crois plus. En plus rien. La
fatigue et le renoncement me collent à la peau. Qu'ils l'enlacent.
L'usent. La dévorent. Et ne laissent que des cendres dans le vent du
matin.







