13 avril 2009
( Sans titre )
J'ai envie de
montrer celle qui rit de bon coeur. Celle qui se livre sans impudeur certes, mais avec franchise. Celle qui chantonne un bon vieux morceau de rock qui n'a rien perdu de son intensité à son aune malgré les années écoulées et qui la fait toujours frissonner. Celle qui fredonne en sourdine, la nuit,
assise sur le rebord de sa fenêtre, des écouteurs dans les oreilles,
une cigarette dans la main droite, un verre de Coca Light dans la
gauche. Légère. Simple. Débarrassée un temps des poids. Dévoiler ces moments qui ne sont encore qu'à moi. Comme souvent mes larmes. Celle en robe. Ces vêtements que je recommence doucement à enfiler
depuis quelques mois,
tant parce-qu'ils dissimulent tout ce qui fait encore tellement mal que
parce-qu'ils signent, délicatement, une féminité avérée. Celle qui voudrait être enlacée, de bras amis, de bras amoureux. Celle qui a quelques fois envie d'être regardée, considérée, aimée. Celle qui veut, malgré les hésitations. Qui voudrait crier qu'elle est là, qu'elle existe, qu'elle n'est pas si vaine, pas que larmoyante et fuyante, obsédée. Celle qui pourrait devenir quelque chose. Quelqu'un. Qui, peut-être, est en passe de. Et qui en a peur, parfois. J'ai envie de
montrer celle qui sourit sans chercher à dissimuler, par ce subterfuge de politesse et de dignité, des larmes et des cris. Celle qui prend parfois la vie comme elle vient, et l'aime par instants, fugaces. Mais véritablement. Celle qui enfile les minutes comme des perles sans se poser de trop questions. Sans crouler sous les interrogations sans réponse. Juste en profitant d'un moment, au soleil, au bord du Canal, sans plonger dans cette triste solitude qui la broie si souvent encore. sans cet âpre refus de soi, de ses aspirations, des défauts. Envie de dévoiler
l'autre, celle qui n'est pas si triste, pas en permanence. Envie de ...
Et. J'ai l'impression d'être si caricaturale dans cette
peau là, souriante et libre. D'en faire trop pour souligner ce sentiment de
calme naissant et tremblant, incertain et impermanent, mais présent. Envie
de ... Mais j'ai trop honte pour cela, pour montrer celle-là. Je ne
sais pas où est ma place ni dans quel décor je suis la plus fidèle à ce
que je dois être, au fond, encore. Je ne sais m'y prendre avec moi-même face aux autres. Me glisse si facilement dans la peau de celle qu'on attend de moi. Celle que je crois devoir être sous les yeux des autres, inconnus ou pas. Et je reste enfermée dans sous ce
visage sans âme, responsable et digne, je l'espère, sous ses fardeaux qui se révèlent plus que je ne le souhaiterais. Triste, névrosée, accablée, renonçant parfois, s'effaçant souvent, oui c'est moi aussi. Et pas que moi aussi.
By Prismes.
Commentaires
Plusieurs lectures ne suffisent pas à trouver le commentaire adéquat. Donc...
Juste parfois cette fille dont tu parles, je la croise , c'est arrivé. Et ça arrivera encore. Parce qu'elle te va bien.
Ca ...
me rassure, de voir qu'elle pointe son nez sans m'en avertir. Merci de l'avoir dit, merci.
Parfois, je me dis que peut-être, connaissant trop l'autre, la triste, je ne me rends pas compte de l'image que je donne, de la transpiration de l'autre, la joyeuse, la vivante.
oui , tu n'es pas qu'une , tu es multiple et tant mieux , tantôt triste , tantôt légère , tantôt triste et légère , tu es vivante , simplement . Et je doute que cela ait échappé à ceux qui partagent ta vie , ou qui même en font juste partie .
M'en vais rejoindre une joyeuse vivante qui va me rappeler que parfois ça m'arrive aussi d'être joyeuse et vivante malgré la pluie...
;)
"une cigarette dans la main droite, un verre de Coca Light dans la gauche."
Tu fumes toi ? o_O
Bisous
Comme
c'est écrit ...
Bises demoiselle.





