... ( Tout ) Et N ' Importe Quoi ...

[ Ce qu'il reste de sel après qu'on a pleuré. ] [ Je vais devenir un pur esprit. Me fondre dans le néant, m'apercevoir que je n'ai jamais eu aucune consistance. Que je n'ai toujours été qu'une apparence.]

24 avril 2009

Entre deux.

Melanie_Laurent_05

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"Fous-moi la paix ma vieille caboche
Je suis rincée
Tu ne me fous pas la pétoche
Et je ne veux plus t’écouter

Fous-moi la paix ou j’te taloche
Je me sens toute démantelée ..."
Olivia Ruiz - Elle panique
Dessin Florent Gelli

Ne pas trop y penser. Oublier. Et se retenir de se démembrer. Surtout ne pas se démembrer, ne pas se démanteler, ne pas se vider. Ne pas, ne pas ... Mais le nier est-ce la meilleure solution ? Ne faudra-t-il pas au contraire, les considérer à défaut de les soulager, de les soigner. Se pencher sur les causes, et décortiquer les fâcheuses conséquences conduirait à ne vivre qu'au présent. Dans ce corps que l'on dit en révolte d'avoir été trop malmené. Par le passé. Au présent. Comment les oublier vraiment, ces douleurs qui courbent bien plus que l'échine, l'âme ?
Je ne comprends toujours pas ce que'il me hurle. M'assène. Et je m'obstine à me boucher les oreilles. A minimiser les sensations. Quitte à ramper, demain peut-être. Je ne saisis pas s'il me dit "regarde-moi" ou "laisse-moi tranquille". Je ne me comprends pas. Seul le poids à traîner me préoccupe, encore. Je ne le dévoilerais pas à des mains expertes. Pas dans cet état. Il me faut sauver les miettes de ma dignité. Mais me délester apaisera-t-il vraiment toutes ces douleurs qui me parcourent le corps, insufflant à ma démarche des allures de vieille femme. Pas lents et mal assurés. Je tremble sur mes cannes qui ressemblent des poteaux électriques, plutôt qu'à des branches de noisetiers. La respiration bloquée. Le corps saturé de points de compréhension, de tension. D'incertitudes. Je sais que l'Être ne s'en porterait pas forcément mieux. Quoique ... Ou un temps seulement. Ai-je encore le droit d'anéantir les avancées arrachées au prix d'efforts que d'autres disent mimines et naturels, et que je qualifie d'incommensurables.
Je n'ai pas envie de m'attarder sur lui. Même s'il me rappelle à la manière forte qu'il existe. Qu'il à trop souffert. Qu'il souffre peut-être, encore. Je ne lis qu'une chose dans ces journées repliées : nous n'avons pas fait la paix. Et je doute de trouver l'accord, un jour, qui enterrerait la hache de guerre. Elle est brandie  entre mes deux, au dessus de ma tête. Et elle me fracasse l'âme en même temps que les os.


Si le diagnostic redouté tombe, alors cela ne sera qu'une douce ironie. Un pied de nez des coïncidences si terrible que je ne pourrais qu'en rire avant d'avoir le droit de laisser tomber. De nous laisser tomber, ce corps et moi. Pour le moment, il est l'heure de serrer les dents, plus fort, toujours plus fort, pour que le sourire tienne. De prendre ce corps en patience, et tout le mal qu'il fait couler dans mes veines avec.

Posté par Ankylosee à 00:02 - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

C'est véritablement quelque chose d'extrêmement difficile que de retrouver un dialogue apaisé/apaisant avec son corps. Il se rebute, fait la tête et on fait de même, une dispute continuelle ou l'un comme l'autre est la victime. Affrontement tête contre corps. C'est comme ça que je le vois. Alors je me trouve des intermèdes, un fil à tendre entre deux pour les réconcilier... Danse, chant, eau, pour moi. Mais ça peut être courir, se promener ou tout autre chose qui soit propice à installer un dialogue de confiance de rapport mutuel de soi à soi.
Parfois aussi j'aurais envie d'oublier, mais oublier c'est aller dans le sens de la division, de cette bataille qui dure depuis trop longtemps.

Bisous et tout mon courage avec toi.

Posté par Laeti., 24 avril 2009 à 13:04

Deux possibilités (que l'on peut utiliser en même temps d'ailleurs):
- l'oublier totalement en rencontrant des gens
- le dépenser, l'utiliser en faisant à fond du sport

Posté par imaginair', 24 avril 2009 à 15:54

"De nous laisser tomber, ce corps et moi. "
Vous laisser tomber est la pire chose que tu pourrais faire. Et tu le sais. Et tu ne le feras pas tant qu'il y aura des âmes qui...

TC

Posté par Appoline, 24 avril 2009 à 21:18

Je ne sais pas si on peut faire la paix. Sûrement. C'est tellement facile de l'écrire. Moi qui suis en lutte, qui le plante, l'agresse, le vomis...je me dis qu'on peut l'apprivoiser. Se le (ré)approprier. Revenir l'habiter pour de bon et ne pas le faire taire, même si quand il s'exprime c'est douloureux. Ne laisse pas tomber, et prends le par la main...
TAke care.

Posté par Anorchidea, 25 avril 2009 à 20:29

Si

seulement il s'agissait de faire la paix, alors oui, cela sera possible. C'était en voie.
Mais le corps n'entend rien.
Contre les douleurs physiques, que faire ?
Le jeu est pipé, les armes inégales et la volonté ne suffit pas, ici. Malheureusement.

Merci pour vos mots.

Posté par Ankylosée, 25 avril 2009 à 22:37

il y a surement quelque chose à lui faire , à lui dire , à ce corps autiste qui ne t'écoute plus , traumatisé par ce à quoi tu lui a fait faire face .
il parle son propre langage à présent , mais aavnt de faire la paix , qui est impossible pour l'instant , et au lieu de vouloir à tout prix lui faire parler ta langue , et si tu essayais de comprendre la sienne , de l'écouter . ton corps c'est aussi ta tête , la distinction n'est pas à faire entre ton corps et ton esprit , tes envies font partie de lui , même si elles sont immenses . la distinction c'est ton corps et ton inconscient , mais le deuxième tu ne l'entends jamais , il pilote ton corps et tes pensées . mais lui tu peux compter sur lui pour être honnête , il est de ton côté et à travers ton corps il vaut que tu comprennnes quelque chose . lorsque tu auras aplatit tout ça , lorsque tu sauras de quoi il retourne , alors ton corps ne sera plus le matériau messager ( usé et douloureux) . et tu ne seras plus ni grosse ni maigre , ni trop ni trop peu . tout peut encore rentrer dans l'ordre .
la nature est très bien faite , ne l'oublie pas .
c'est très dur en ce moment pour moi aussi , j'ai l'impression que mon corps n'en fait qu'à sa tête , qu'il me condamne , je sais qu'il y a le deuil à faire de mon corps anorexique mais c'est très dur et j'ai l'impression d'être une merde et que tout le monde et surtout ma famille sourit de ma faiblesse comme si tout était rentré dan sl'ordre , dans leur ordre , et ça , ça me flingue .
depuis quelques jours je fais de la sciatique ,comme les vieilles , ça ma' fait sourrire ...et pleurer un instant mais je suis habituée à la douleur , ça se lit dans les yeux ce genre de choses .
on peut pas sourire tout le temps ...

Posté par dice, 27 avril 2009 à 09:47

Contre ...

... ce sentiment que les gens se galvanisent de nos kilos repris aussi, il faut lutter. Ils sont si durs à porter, que toutes les manifestations de soulagement prennent d'autres teintes sous ce fardeau. Qui n'est que de la vie reprise, au final. Même s'il faut longtemps pour les voir ainsi. Bien sûr, qu'ils sont soulagés de te voir rentrer dans leur "ordre" parce que cela signifie dans la vie, un peu plus. Mais c'est douloureux, pour toi, parce que tu l'as beaucoup refusé, la refuse encore, cette vie-là. Mais rien ne t'empêchera de vivre ta vie, à ta façon, sans la détruire cette fois.
Plein de courage pour toi Dice pour retrouver une valeur à ta vie, et accepter ce que l'on t'offre, même si cela te semble si maladroit. Prends soin de toi, pas à pas.

Posté par Ankylosée, 27 avril 2009 à 21:46

Le sentiment dont tu parles est une forme de refus, divers et "d'échec" aussi: non, à un kilo ne correspond pas un sourire en plus, deux et c'est le rire, trois et c'est le plaisir , dix et c'est la reprise de la vie, etc... D'amertume de se dire je ne suis plus celle que j'étais et bon sang mon corps me rappelle à l'ordre.
Parce que ça les rassure aussi de te voir tenir debout, de se dire que tout va bien et qu'ils ne font pas l'effort de gratter un peu plus pour voir. Ils ne sont pas à blamer, c'est somme toute un comportement bien humain tout ça.
L'éternelle ambivalence n'est plus fatigante quand elle acceptée puis intégrée, jusqu'à devenir de plus en plus petite. Quand elle prend moins de place et de temps qu'auparavant.

TCOY Bella.

Posté par Appoline, 04 mai 2009 à 10:14

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