... ( Tout ) Et N ' Importe Quoi ...

[ Ce qu'il reste de sel après qu'on a pleuré. ] [ Je vais devenir un pur esprit. Me fondre dans le néant, m'apercevoir que je n'ai jamais eu aucune consistance. Que je n'ai toujours été qu'une apparence.]

28 octobre 2009

Qu'est-ce qu'on attend de moi ?

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Ca vous inquiète pas plus que ça
Tout ce rien au bout de mes doigts.

Et ça ne m'inquiète pas plus que ça
Tout ce rien au bout de mes doigts.
Mais qu'est-ce que j'attends de moi ?


Rose - Qu'est-ce qu'on attend de moi ?
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20 octobre 2009

Jean-Bertrand Pontalis.

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"Quand me vient l'envie, qui me prend de temps à autre, de prélever dans mes lectures une phrase, quelques mots, une image ? Quand j'ai l'impression de rencontrer, nettement formulée, une idée autour de laquelle je tournais sans avoir pu l'énoncer et voici que cette idée me revient sous la plume d'un autre comme une évidence, une de ces évidences que parfois le rêve vous procure. Il me faut les mots d'un autre, venus d'ailleurs, pour relancer le mouvement qui me fera, avec un peu de chance, trouver les miens."


Jean-Bertrand Pontalis in En marge des jours.

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12 octobre 2009

Je ne suis pas de taille.

Backyard_morning_by_FelillyElles dansent comme des centaines d'étincelles. Des petites lumières aux éclats diffractés dans les cristaux de mes larmes. Je ne cesse de réfléchir sur le sens de la vie. Ce soir, comme si souvent, je ne me sens pas de taille. Quel sens a la vie ? Quel sens a ma vie ? Je regarde des séries de minettes qui me mettent des claques à toutes les phrases, ou presque. Je ne comprends pas. C'est à peine si je saisis l'ensemble de tout cela. Qui attend quoi de moi ? "Qui" est un personnage omniscient aux pouvoirs éthérés et immenses. Une entité. Je ne sais pas, et cela m'obsède. Il y aura tant à faire sur cette terre, tant de combats, d'être à aimer que cela me désarme. Je me sens flouée. Petite, si petite et insignifiante. Je vois pas dans quelle direction aller et je reste là, à pleurer. Dans le silence ou devant ma télé parce qu'un épisode me fout des torgnoles plus douloureuses et honteuses que celles de mon père, autrefois.
J'ai l'impression de réaliser trop de choses à la fois, sans pouvoir retenir entre mes doigts quoique se soit. Je ne trouve pas ma place. Celle que je tente de tenir depuis des années, prise dans les carcans de ce que je crois être bien, bon, n'est peut-être pas la mienne. Pas la mienne parce qu'incomplète.On m'a dit un jour que je ne pouvais faire le bonheur des miens sans être heureuse. Que je ne peux aimer les autres sans m'aimer. Un peu au moins, en me respectant à minima, peut-être. Une connaissance s'est vue dire un jour par son petit ami, quelle devait apprendre à être heureuse sans lui, quand il n'était pas là. Jane dit encore que nous ne devrions pas avoir le droit de compter sur les autres pour nous sentir vivant, que c'est l'affaire de chacun. Soit. Ca je le comprends bien. Les enjeux tacites aussi. Mais comment fait-on ? Tout ne se passe pas comme dans les fictions. Et j'ai peur de la prétention. Aucune envie de me suffire de mon reflet. 
Et j'ai tellement d'envies. Si peu de forces, de cran, de savoirs. Je voudrais parfois redevenir enfant pour me laisser consoler de ces bras que je désire autant que je les repousse. Autant que je dissimule mes élans. Pire, mes besoins.
J'ai presque honte de mes éveils, de mes souhaits. Ils sont trop tardifs. Auraient dû venir il y a dix ans au moins. A cette époque là, plus qu'aujourd'hui, j'étais préoccupée par autre chose, de bien moins noble finalement. Mais qui a toujours été et sera toujours la seule qui ne m'abandonnera pas. Je critiquais la seule possible naissance de ces souhaits, jugés vils, bas, banals. J'ai gâché ma vie. De mes 26 ans d'existence, dix à peine, en valait la peine. Cette tendre enfance dont je peine à me souvenir. Aujourd'hui, j'ai perdu trop de temps. Une sourde révolte gronde et se fait rabattre le caquet par une vérité : il est trop tard, le temps ne se rattrape pas. J'ai gâché mes plus belles années sur les bancs d'une folie indélogeable. C'est de là encore que je tire mes conclusions. Je voudrais courir et crier, tout recommencer, faire mieux à présent. Mais je suis paralysée. Je suis en train de gâcher les années que l'on dit les plus épanouissantes pour une femme. Je ne bouge pas, je ne sais pas par où partir. Alors je me recroqueville dans cette hérésie apaisante et aveuglante, ce désir de coller ma peau à mes os. Je veux trop en faire. Trop bien faire. Les douleurs du monde me soulèvent, et je retombe. Impuissante. J'en reviens toujours au même constat.
J'ai le syndrome du cœur brisé, m'a-t-on dit un jour. Cette sensation terrible et physiquement douloureuse : celui de mon cœur qui se serre, bat à tout rompre, puis se brise. Tout me touche beaucoup trop. A défaut d'être efficace, je ne peux que prier, pour les uns, pour les autres. Envoyer mes pensées aux quatre coins de la France. Espérer. Je reste là à expectorer en silence l'injustice des faits, des contre-coups du bonheur annoncé, des guerres ouvertes, des combats imposés. Je reste là, jour et nuit, à prier, encore, un Dieu auquel je ne suis pas sûre de croire. Je crois en l'Homme. Je crois en l'espoir. Je crois au droit d'une vie paisible et heureuse après tant de violence et d'orages. Pour tant d'êtres, et je m'insurge dans la souffrance de voir leurs droits ravis. Alors oui, je supplie qui de droit. Et je m'enroule dans le silence.
Et je ne sais pas si je prierai un jour pour moi. Il y a une contradiction absolue dans mes ardeurs à vouloir être là pour autrui, à me rendre utile et celles de vouloir me renfermer, m'assécher et m'envoler telles des poussières.
Tout est tellement confus. Je suis perdue. Je ne trouve pas ma place tant mon cœur me lance d'injonctions, d'exhortations. Et le temps passe... Le temps que je perds. Je ne suis pas de tailler à le faire fructifier, à le laisser ridée ma peau pendant que j'œuvrerai à la beauté.

Photo : Felilly
Musique : BO Dawson Creek
Humeur : Errante

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09 octobre 2009

Des chagrins un peu sales.

Good_evening_green_dreams_by_Felilly

Il y a des morts qui prennent toute une vie.

Des chagrins un peu sales. Comme l'eau rougie que je rejette et celle noircie qui coule le long de mes joues. Le maquillage est la politesse des fanés. Mes chagrins un peu sales mettent à nu mes désespoirs fardés. Les épanchements lacrymaux étaient silencieux depuis des mois. Seuls des sanglots ridicules imprimaient encore à ce corps des convulsions risibles. Les sévices mécaniques leur ont fait la nique sur de la faïence immaculée. Gélules rose et comprimés blanc sont en train de m'empoisonner, doucement. Le corps ne les supporte plus, semble-t-il. Le corps, quel salopard celui-là. Il me hante comme aux premiers jours. Il instaure ma présence au monde. Monde et existence que je réfute. Je ne vais ni bien ni mal. Je suis triste, je crois. Oui, c'est ça. Juste triste. Profondément triste.
Triste de constater dans quel monde nous sommes sensés vivre. Et vivre heureux, qui plus est. Je ne suis pas d'ici, je l'ai toujours dit. Plus que jamais, ou comme autrefois, je le ressens. Cela me brûle et me ronge au-dedans. Grapille sur mon sourire et mes envies de combats. Bien plus encore, sur mes ardeurs à la lutte et à la foi. Ma mère est licenciée à la fin du mois. Mes amis souffrent, sont malades ou malheureux. L'impuissance me réduit à constater chaque jour la souffrance des êtres chers, des âmes croisées dans la rue, dans les images du JT. Je ne peux rien faire pour ce monde, et cela me dévore de l'intérieur autant que je me cannibalise. Impuissance et aphasie. Inutile spectatrice. Rien ne sera suffisant. Des gens dorment dans la rue, se font expulsés manu militari, se font escroqués ou maltraités, des enfants sont violentés, mal aimés, trop peu nourris et s'éteignent tous les jours pendant que d'autres courent après de l'argent, décorent leur appartement du dernier luxe et demeurent insatisfaits, réclament toujours plus, parfois en détriment des autres, achètent des fringues de marques pour ajuster leur paraître et se vantent de leur savoirs, de leur niveau social... Tout cela me dégoûte, me met en rage autant que cela m'abat. Ce n'est pas l'ambition ou le désir de bien être qui me dérange, mais les êtres qui se contentent d'eux-mêmes et de leur vie égocentrée. Je trouve cela triste aussi de ne pas s'ouvrir aux autres et de ne chercher son bonheur que par et pour soi-même, que dans les choses matérielles.
A la fin de l'année je n'ai plus de travail. Et pas de perspectives. Certainement pas de chance. J'aurais dû travailler dans l'humanitaire. Faire sens pour les autres et contre cette finitude. L'horizon que l'on m'avait proposé m'est passé sous le nez. Parce que je ne le valais pas, parce que je ne suis pas la fille décontractée et décomplexée qui l'a raflé. Parce que j'ai préféré m'écouter et prendre des nouvelles de mon interlocutrice plutôt que de lui poser des questions sur cette hypothèse de travail rémunéré qu'elle m'avait soumise. Parce que je suis bien plus inquiète pour Autrui, pour Elle, que je ne suis soucieuse de mes intérêts professionnels. Cela n'a pas d'importance, ne me touche pas tant que cela. Je n'ai pas d'avenir. Je n'en ai peut-être jamais eu d'ailleurs. Une déception de plus, certainement pas la dernière. Je n'ai plus la force de me battre pour moi. Et de toute façon, je ne m'intéresse pas. Je ne lèverai pas le petit doigt pour moi.
Un temps je désirai ardemment que quelqu'un me serre dans ses bras à m'en faire imploser la cage thoracique. Et que le pue qui me vrillent intestins et coeur découlent. de cette explosion de tendresse spontanée et quelque peu emprisonnante. Une explosion fracassante et rédemptrice. Mais aujourd'hui... Je me sens seule avec ce monde qui boite. Seule dans mes tripes et dans mon âme. Je n'ai pas la prétention de croire que je relèverai ce monde ni que j'aurais pu le faire. Mais pour rien au monde je ne veux m'insensibiliser des autres, m'habiller d'une carapace d'égoïsme pour me protéger des maux humains. Peut-être que je pâtis à tort pour des douleurs qui ne sont pas les miennes. Mais pour rien au monde je retournerai mon regard vers moi, jouerai en solitaire cette course
aux petits bonheurs la chance perdue d'avance. Avec le monde aussi, je veux partager les coins de ciel bleu. Ne pas en jubiler seule. Les rires et les moments de chaleur leur appartiennent, aux autres.
Je ne désire plus qu'une chose pour moi : disparaître. Cela sera mon acte d'égoïsme ultime. Doucement, doucement, me retirer du monde. Corps et âme. Mes bonheurs je les dois aux autres, et ça, je ne l'oublierai pas.

Photo : Felilly
Citation : Da Silva - Le jour de la défaite " De promesses en promesses on ne fait que courir dans les ornières."
Musique : Mano Solo - Les enfants des autres
Humeur : Liquidée

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