Ce qu'il y a d'étrange à grandir, et donc à dépasser certaines craintes, c'est qu'on se retrouve face à des peurs nouvelles. Des angoisses qui autrefois n'auraient pas eu lieu d'être. Bien au contraire. Combien de fois ai-je anoné vouloir ce qui me fait peur aujourd'hui, avec un enthousiasme immense et impatient. Je faisais des plans sur le nombre, l'ordre, l'écart et avais même projeté des origines différentes pour, à mon niveau, combattre l'injustice et la solitude des abandonnés. Aujourd'hui, je ne vois plus d'autres solutions que de prendre la tangente pour ne pas augmenter cette angoisse stupide mais tenace. Mais renoncer au nom de la peur ne me rend pas fière.
En fait, plus on vit, plus on se confronte. Même à l'inimaginable. Je suis devenue une peureuse qui la nuit, prie qui de droit, pour que ses scénarios catastrophes ne se réalisent pas.