09 octobre 2009
Des chagrins un peu sales.
Il y a des morts qui prennent toute une vie.
Des chagrins un peu sales. Comme l'eau rougie que je rejette et celle noircie qui coule le long de mes joues. Le maquillage est la politesse des fanés. Mes chagrins un peu sales mettent à nu mes désespoirs fardés. Les épanchements lacrymaux étaient silencieux depuis des mois. Seuls des sanglots ridicules imprimaient encore à ce corps des convulsions risibles. Les sévices mécaniques leur ont fait la nique sur de la faïence immaculée. Gélules rose et comprimés blanc sont en train de m'empoisonner, doucement. Le corps ne les supporte plus, semble-t-il. Le corps, quel salopard celui-là. Il me hante comme aux premiers jours. Il instaure ma présence au monde. Monde et existence que je réfute. Je ne vais ni bien ni mal. Je suis triste, je crois. Oui, c'est ça. Juste triste. Profondément triste.
Triste de constater dans quel monde nous sommes sensés vivre. Et vivre heureux, qui plus est. Je ne suis pas d'ici, je l'ai toujours dit. Plus que jamais, ou comme autrefois, je le ressens. Cela me brûle et me ronge au-dedans. Grapille sur mon sourire et mes envies de combats. Bien plus encore, sur mes ardeurs à la lutte et à la foi. Ma mère est licenciée à la fin du mois. Mes amis souffrent, sont malades ou malheureux. L'impuissance me réduit à constater chaque jour la souffrance des êtres chers, des âmes croisées dans la rue, dans les images du JT. Je ne peux rien faire pour ce monde, et cela me dévore de l'intérieur autant que je me cannibalise. Impuissance et aphasie. Inutile spectatrice. Rien ne sera suffisant. Des gens dorment dans la rue, se font expulsés manu militari, se font escroqués ou maltraités, des enfants sont violentés, mal aimés, trop peu nourris et s'éteignent tous les jours pendant que d'autres courent après de l'argent, décorent leur appartement du dernier luxe et demeurent insatisfaits, réclament toujours plus, parfois en détriment des autres, achètent des fringues de marques pour ajuster leur paraître et se vantent de leur savoirs, de leur niveau social... Tout cela me dégoûte, me met en rage autant que cela m'abat. Ce n'est pas l'ambition ou le désir de bien être qui me dérange, mais les êtres qui se contentent d'eux-mêmes et de leur vie égocentrée. Je trouve cela triste aussi de ne pas s'ouvrir aux autres et de ne chercher son bonheur que par et pour soi-même, que dans les choses matérielles.
A la fin de l'année je n'ai plus de travail. Et pas de perspectives. Certainement pas de chance. J'aurais dû travailler dans l'humanitaire. Faire sens pour les autres et contre cette finitude. L'horizon que l'on m'avait proposé m'est passé sous le nez. Parce que je ne le valais pas, parce que je ne suis pas la fille décontractée et décomplexée qui l'a raflé. Parce que j'ai préféré m'écouter et prendre des nouvelles de mon interlocutrice plutôt que de lui poser des questions sur cette hypothèse de travail rémunéré qu'elle m'avait soumise. Parce que je suis bien plus inquiète pour Autrui, pour Elle, que je ne suis soucieuse de mes intérêts professionnels. Cela n'a pas d'importance, ne me touche pas tant que cela. Je n'ai pas d'avenir. Je n'en ai peut-être jamais eu d'ailleurs. Une déception de plus, certainement pas la dernière. Je n'ai plus la force de me battre pour moi. Et de toute façon, je ne m'intéresse pas. Je ne lèverai pas le petit doigt pour moi.
Un temps je désirai ardemment que quelqu'un me serre dans ses bras à m'en faire imploser la cage thoracique. Et que le pue qui me vrillent intestins et coeur découlent. de cette explosion de tendresse spontanée et quelque peu emprisonnante. Une explosion fracassante et rédemptrice. Mais aujourd'hui... Je me sens seule avec ce monde qui boite. Seule dans mes tripes et dans mon âme. Je n'ai pas la prétention de croire que je relèverai ce monde ni que j'aurais pu le faire. Mais pour rien au monde je ne veux m'insensibiliser des autres, m'habiller d'une carapace d'égoïsme pour me protéger des maux humains. Peut-être que je pâtis à tort pour des douleurs qui ne sont pas les miennes. Mais pour rien au monde je retournerai mon regard vers moi, jouerai en solitaire cette course aux petits bonheurs la chance perdue d'avance. Avec le monde aussi, je veux partager les coins de ciel bleu. Ne pas en jubiler seule. Les rires et les moments de chaleur leur appartiennent, aux autres.
Je ne désire plus qu'une chose pour moi : disparaître. Cela sera mon acte d'égoïsme ultime. Doucement, doucement, me retirer du monde. Corps et âme. Mes bonheurs je les dois aux autres, et ça, je ne l'oublierai pas.
Photo : Felilly
Citation : Da Silva - Le jour de la défaite " De promesses en promesses on ne fait que courir dans les ornières."
Musique : Mano Solo - Les enfants des autres
Humeur : Liquidée
24 septembre 2009
"Pardonne-moi"
Elle m'a frappée. Violemment. Par derrière. Une traîtrise. Sans appel. Une chanson est venue violemment me rappeler ce que je n'ai pas oublié.
Je
n'aurais pas pensé à ce morceau là pour évoquer ces deux années là. Je
ne l'ai pas choisi. Lui si, aidé du hasard, du déroulement nocturne de
l'Ipod. Aux premières notes, des frissons m'ont parcouru. Perdue sous
une couette, dans un lit qui n'est pas le mien., j'ai senti mon corps se raidir. Une contraction des tripes qui gagne chaque membre, ankylose chaque membre. J'ai tout revu, revécu,
ressenti comme à l'époque. Rien n'a pu arrêter le déferlement des souvenirs encore trop frais, finalement. Rien n'a pu couper court aux tressaillements de la mémoire, de la peau. Ni les yeux fermés ni
ouverts ni inondés. Une claque terrible.
Je me suis revue, là, dans
la pénombre du studio aux trois petites fenêtres. Ces pièces sous le soleil du sud dans lesquelles la chair de poule ne m'a jamais quittée. Je me suis revue dans ce lit inconfortable qui n'était déjà pas le mien.
Alitée, pas par paresse ni même par choix. Seulement par incapacité à
me lever. Parfois j'écoutais cette chanson "Pardonne-moi". Usée, en sursis. Respirant avec peine, les yeux à peine ouverts. Des nuits d'insomnies ou de cauchemars. Des journées mortes, tant dans les actes que par la projection de pensées ternes. Je m'accrochais à un
très court couplet de cette chanson. Je revois mon bras se tendre avec une lenteur maladive vers le poste CD. Mes doigts cherchant le bouton rond 'suivant'. Le morceau démarre. La tachycardie augmente, résultat d'un mouvement. Un de trop.
Les images m'ont bombardé, sans relâche. 4'30 peuvent être longues. Mon corps a vibré des
mêmes tremblements d'alors. Mon regard, à huit ans d'écart, parcourt
les trois pièces. La chambre. Sombre, dénudée. Sanctuaire de mes forces manquantes. La salle de bain, l'exiguïté de la douche, au fond de ce réduit. Je me collais sous la douche en priant pour que le froid s'arrête. Le petit miroir, fuit, provoqué. Les tics, les combats, les mauvaises habitudes restées depuis, le rectangle blanc au sol comme une estrade sur laquelle je me hissais. La porte à loquet de la sous-pente où je rangeais les conserves qu'elle me faisait avec tant d'amour. La cuisine. Le lino sur lequel j'ai rampé, sur lequel je me suis enroulée, en larmes, des nuits entières. La grandeur de la pièce. Le recoin pour cuisiner que j'ai si peu utilisé. Les invités d'un soir, convié pour vider les placards et frigo remplis par d'autres, par mes parents. Puis les
escaliers, terribles. Il me fallait stopper parfois mon ascension. Pour ne pas tomber à la renverse, atteindre la porte verrouillée. L'espace sous la porte, paradis des odeurs de cuisine d'en-bas. Je les fuyais. Le pâle jardin. J'y ai révisé mes examens, pris des photos de la chute qui aujourd'hui encore me sont chères. Plus loin la route vers l'université.
Le site de la fac, lui-même et ses divers bâtiments. Les amphi où je pleurais de douleurs sur ces bancs de bois. Où j'ai pris des tocs, vérifié l'espace grandissant entre mes cuisses. La bibliothèque, mon refuge contre les resto U où d'autres allaient. La salle informatique, la connexion Internet et le forum... Le studio, encore. Toujours. Sans relâche. Mille images, en flash incessants, usants. 4'30.
Larmes alors. Larmes encore. C'est idiot, j'en tremble encore.
Photo : Mylène Farmer - clip XXL
Musique : le silence
Humeur : perturbée
24 août 2009
"Ernestine, tu entends des voix, reste digne."
J'ai fermé les yeux. Pris une grande inspiration. Baissé mon pantalon et ôté mon tee-shirt. Ce n'était pas le moment de défaillir. Ni celui de plomber l'ambiance légère, bordée de jeux d'enfants et de soleil, de mes doutes et mes angoisses. Le ressac mélodieux. Le soleil au rendez-vous. Un petit coin de paradis et des désirs de bien-être formulés à mon endroit.
J'ai regardé droit devant. Toujours. Le regard sur l'horizon. Toujours. En laissant glisser les tissus. Droit devant, au large, pour oublier tout ce qui se mouvait à chacun de mes pas. Tout ce qui dépasse d'une ligne tracée et envahie par les excès. Pour oublier jusqu'à la possibilité de courir en arrière et de me rhabiller. De calfeutrer ce corps derrière de blêmes stratagèmes qui ne me dupent plus. Qui ne me rassurent pas. Ne sont qu'une illusion. Il a fallu lutter pour rester dans ce plus simple appareil de la honte.
La mer était bien trop froide pour y noyer longtemps ce corps frémissant. Plus qu'un corps, une masse. Il fallait ressortir, se mouvoir, s'exposer, debout ou étendue. Faire comme tant d'autres autour de moi. Le dégoût en plus. Ne pas se renfermer dans le mutisme non plus.
J'ai vu une série de photos de ce triste spectacle. Une fois. J'ai vu tout ce que je craignais de voir sans pouvoir me voiler la face sous des pans de coton, de fibres synthétiques. Je ne regarderai pas cette série de nouveau. Tout est imprimé, gravé.
Et avec elle la honte mortifère de ce que je me suis laissée redevenir, de ce que j'ai laissé mes os se recouvrir. Aucune échappatoire, pas même sur la ligne d'horizon. Les culpabilités se mêlent : celle d'un tel corps excédant, celle d'en être toujours préoccupée, celle de savoir profiter comme tout le monde, badine et excitée, décomplexée et rieuse sans arrière pensées.
Là aussi, il me reste des traces de bronzage.
Une boule au fond de l'estomac que j'imagine expulser. Mais elle reste profondément encrer. Elle est moi. Définitivement. Malade de soi. Je visualise un lavage de ce que je suis de corps, puisqu'autour il n'y a plus rien en dehors de cette chair grasse. Encore moins d'identité. Une langueur tenace, là, sur le rebord de ma fenêtre, du saut du lit au coucher tardif, jusque dans mes rêves. Comme un lest à l'âme. Trop d'idées se bousculent. M'enlisent dans la sable de la Bretagne tant aimée. Dans le bitume parisien du quotidien.
Je connais toutes les théories, celle du pas à pas, celle du temps à s'octroyer, de l'élan à garder, de l'espoir à raviver à la moindre faiblesse, de l'écoute à s'accorder et de la violence à se faire pour ne pas stagner. Si je les ressasse à d'autres, c'est parce que j'y crois profondément. Que je les ai touché de près, en ai tiré profit avant de retomber. Je ne sais pas ce que je veux faire à présent. Je n'y crois plus : il s'agit de moi. Me recroqueviller. M'insensibiliser plus encore. Et tailler dans la masse revient comme une litanie, comme l'unique recours, comme l'unique bien-être. La réponse idoine. Et faussée par une identité perdue, qui ne trouve son salut quand dans la maîtrise et le rejet de soi pour s'élever vers une réussite plus pure, mais elle aussi erronée.
La rentrée pointe bien trop son nez, la reprise d'une vie de "working girl" sans paie ni possibilité de promotion. Et avec septembre les doutes, les mises à pied, à genoux. L'optique d'un chômage sévère et d'une ligne de fuite noircie. Il me manque un équilibre, un sens. Alors je vide. Qu'aurais-je fait de ma vie ? Pour les autres ? Pour le monde ? Mener une existence à contenter mon seul nombril, perdre ma vie à la gagner, à emmagasiner des biens matériels superflus, me laisse de marbre. J'aurais voulu être utile à autrui, sans en être remerciée. La reconnaissance ne m'intéresse pas, je n'ai pas besoin que mes actes me valorisent. Juste d'agir pour les autres. Pas envie non plus de laisser de
traces ici-bas, encore moins de devenir importante pour quelqu'un. Mais
n'être que de passage, et libre. Laisser indifférente au pire, puisque
je ne suis pas capable d'apaiser ce monde d'injustices et de douleurs,
et surtout veiller ne pas blesser les autres, proches et anonymes. Je n'ai pas envie de me tourner vers moi, vers des plaisirs égoïstes. Mon cœur ne bat que pour ma seule survie, cela ne m'égaie pas. Je ne me résume à rien. A personne. Je n'envisage pas de lendemain pour moi. N'ai pas d'avenir à contempler comme l'horizon. Pas la force de le débusquer non plus.
Photo : Koksuel.
Titre : Ernestine par Noir désir.
Musique en cours : J'envoie valser par Olivia Ruiz.
Humeur : Jocker.
16 août 2009
01. 01. 2010
Il s'est passé trop
de choses en trop peu de temps.
Un univers qui bascule violemment et
entraîne dans sa chute des âmes et corps vivants bien que salement amochés.
Eux, là-bas, et les conséquences à feindre d'accepter, d'encaisser avec
le sourire pour le bien-être de tous.
Des nuits à suffoquer, écrasée par des rêves plus vrais que
nature mais qui ne sont que chimères. Et qui laissent plus seule encore quand l'aurore se lève sur les paupières humides.
Plus rien ne pourra être réparé ni
apaisé. De la réflexion imagée sur le voile des iris à l'abandon il n'y
a qu'un pas. Franchi. L'esprit a trop ruminé le corps.
Tant de souffles manquent à l'appel. Tant de
gravas au fond des chaussures qui avancent dans la mer déchaînée de l'existence amputée. Tant d'images, de mots, de pression du
corps contre une peau fraternelle fragilisent. Trop de forces envolées pour retenir dignité et promesses murmurées à sa propre oreille. Des vœux d'un lendemain débarrassé d'inutiles et violentes pensées à sa propre encontre.
Se retourner vers soi, vers la conscience de soi n'est désormais plus à portée de main. La vie n'est pas
tendre derrière ses indéniables éclats. Trop d'aptitudes à l'éponge aussi. Gorgée sans être essorable.
L'apnée n'est pas une capacité humaine innée. Ni soutenable sur le long terme.
En 2010.
En 2010, peut-être, je prendrai soin de moi.
Une de ces bonnes résolutions que l'on tient deux jours. Une semaine tout au plus.
D'ici là, je ne fais rien. Certains efforts demandent trop d'efforts.
Alors rien. Ou pire.
Pix By Afihara.
"Il y a aussi en
tout voyageur un homme traqué,
découvrant soudain sa solitude, son
impuissance à entrer dans la comédie ou la tragédie
qui se jouent
autour de lui."
Michel Déon
"Et la coupe retournée qu'on appelle le ciel
Sous laquelle nous rampons, vivons et mourrons enfermés
Ne lève pas les mains vers elle pour implorer une aide
Car elle partage ton impuissance et la mienne."
Omar Khayyâm
11 août 2009
A & A.
"Parle si tes mots sont plus forts que le silence, sinon garde le silence."
Euripide
24 juillet 2009
A.
Que reste-t-il de l'âme quand,
de jour en jour, le corps s'étiole ?
Son
corps l'a trahie. Il avait pourtant été son allié pendant toutes ces
années. Son arme, son fer de lance pour braver les pénibles contraintes
du quotidien, les impostures, les meurtrissures de l'Histoire. Il l'a
porté. Il nous a consolé. Son corps rond, résistant, fort, raide, sec
d'enfant et ridé par les efforts et le temps. Il l'a mené loin. Et
pourtant, c'est par lui que la fin est advenue.
Que reste-t-il
d'elle à présent que son corps se décompose dans le bois, la dentelle
écrue et la terre ? La rose de son jardin qui l'accompagne ne parfume
plus rien. Déjà, en cinq jours, dans la fraîcheur artificielle d'une
chambre qui n'était pas la sienne, son corps accusait l'arrêt de son
souffle en des tâches noirâtres. Son corps l'a trahie et la trahie
encore d'heures en heures. Je me retiens. L'envie m'assaille. Elle est
irraisonnée, irréalisable et pourtant tellement intense, vibrante sous
mes paupières, assassine dans mes veines et mes songes nocturnes comme
diurnes. Je ne supporte pas de la savoir seule sous terre. Qui le
supporte ? Tout cela me vrille, me disperse en morceaux éparses.
Je
cours vers elle, de jour en jour. Je jetterai les coupes de fleurs aux
bandeaux bienveillants, messages de tristesse de ceux que son corps l'a
poussée à abandonner, en accord avec sa lassitude. J'arracherai la
stèle sur laquelle je redoute que son nom soit déjà gravé, puis la
double plaque de béton. Je gratterai la terre de mes ongles jusqu'à ce
qu'elle s'insinue sous ma peau, que mon sang de frénétique la colore,
peut-être. J'irai la chercher, la tirerai de là au mépris de ceux qui,
poussières, l'attendaient et qu'elle souhaitait rejoindre depuis
quelques mois. Je refuse qu'elle reste là-bas. Là-dessous. Elle vaut
mieux que cela. Tellement mieux. Même son Dieu le sait. Alors pourquoi
lui impose-t-il cela ? Au nom de quelle renaissance ? Elle mérite mieux
que cette terre tour à tour sèche de l'été accablant ou visqueuse de
trop de pluie. Je me moque qu'il s'agisse de la terre de sa vie, celle
sur laquelle elle a grandie, vécue, celle qu'elle a aimée, travaillée,
veillée, contemplée. Mais je resterai là. Immobile, acculée, défaite et
taciturne, les yeux au ciel où elle se promène peut-être, légère.
Rongée par la colère, la douleur et l'interdiction morale de donner
libre cours à ma folie. Je n'ai pas le choix. Je n'ai que le droit de
fantasmer un acte aliénant et salvateur que je ne peux commettre.
Son corps l'a
trahie. Je trahis le mien sans l'once d'un remords. Ce n'est qu'une
question de temps, il me trahira de nouveau, un jour prochain. Je ne
fais que le prendre de court à son propre jeu. Il ne m'intéresse pas.
Ne m'intéressera jamais. Il n'existe qu'à travers les souffrances
physiques et mentales qu'il m'assène, soit. Quand ma poitrine, comme la
sienne, ne se soulèvera plus dans un souffle régulier, ils sauront
qu'il faudra le faire brûler. Ils le savent déjà. Puis le répandre aux
vents des vagues. Il ne sera pas même poussières. Seulement, à mon
image et à la celle qu'il aura été à mes yeux ma vie durant, des
particules du rien. Du vide.
Le corps n'est que basse trahison.
J'aurai sa peau comme il a eut la sienne. Comme il a eut sa vie.
J'aurai son scalp avant qu'il ne vienne définitivement à bout de mes restes, de ce qu'il a tué.
Mon âme qui n'existe plus.
Que reste-il de l'âme quand,
de jour en jour, le corps s'étiole ?
L'oeil était dans la tombe by VladimirBorowicz
28 avril 2009
Apnée.
.
un
.
Il court après les nuages
Plus qu'après les filles de son âge
Il veut s'y blottir, s'y cacher
Ici ses rêves sont gelés
Il nage dans des sphères
Que l'on ne connaît pas
Un timide mystère
Mais une âme au combat
Olivia Ruiz - Mon petit à petit
13 avril 2009
( Sans titre )
J'ai envie de
montrer celle qui rit de bon coeur. Celle qui se livre sans impudeur certes, mais avec franchise. Celle qui chantonne un bon vieux morceau de rock qui n'a rien perdu de son intensité à son aune malgré les années écoulées et qui la fait toujours frissonner. Celle qui fredonne en sourdine, la nuit,
assise sur le rebord de sa fenêtre, des écouteurs dans les oreilles,
une cigarette dans la main droite, un verre de Coca Light dans la
gauche. Légère. Simple. Débarrassée un temps des poids. Dévoiler ces moments qui ne sont encore qu'à moi. Comme souvent mes larmes. Celle en robe. Ces vêtements que je recommence doucement à enfiler
depuis quelques mois,
tant parce-qu'ils dissimulent tout ce qui fait encore tellement mal que
parce-qu'ils signent, délicatement, une féminité avérée. Celle qui voudrait être enlacée, de bras amis, de bras amoureux. Celle qui a quelques fois envie d'être regardée, considérée, aimée. Celle qui veut, malgré les hésitations. Qui voudrait crier qu'elle est là, qu'elle existe, qu'elle n'est pas si vaine, pas que larmoyante et fuyante, obsédée. Celle qui pourrait devenir quelque chose. Quelqu'un. Qui, peut-être, est en passe de. Et qui en a peur, parfois. J'ai envie de
montrer celle qui sourit sans chercher à dissimuler, par ce subterfuge de politesse et de dignité, des larmes et des cris. Celle qui prend parfois la vie comme elle vient, et l'aime par instants, fugaces. Mais véritablement. Celle qui enfile les minutes comme des perles sans se poser de trop questions. Sans crouler sous les interrogations sans réponse. Juste en profitant d'un moment, au soleil, au bord du Canal, sans plonger dans cette triste solitude qui la broie si souvent encore. sans cet âpre refus de soi, de ses aspirations, des défauts. Envie de dévoiler
l'autre, celle qui n'est pas si triste, pas en permanence. Envie de ...
Et. J'ai l'impression d'être si caricaturale dans cette
peau là, souriante et libre. D'en faire trop pour souligner ce sentiment de
calme naissant et tremblant, incertain et impermanent, mais présent. Envie
de ... Mais j'ai trop honte pour cela, pour montrer celle-là. Je ne
sais pas où est ma place ni dans quel décor je suis la plus fidèle à ce
que je dois être, au fond, encore. Je ne sais m'y prendre avec moi-même face aux autres. Me glisse si facilement dans la peau de celle qu'on attend de moi. Celle que je crois devoir être sous les yeux des autres, inconnus ou pas. Et je reste enfermée dans sous ce
visage sans âme, responsable et digne, je l'espère, sous ses fardeaux qui se révèlent plus que je ne le souhaiterais. Triste, névrosée, accablée, renonçant parfois, s'effaçant souvent, oui c'est moi aussi. Et pas que moi aussi.
By Prismes.
04 mars 2009
La fille de par le vent.
Ce soir comme tous les soirs
J'ai envie de traîner
Ce soir comme tous les soirs
J'ai envie d'exister
Alors comme tous ces soirs
Je vais juste rentrer
Alors comme tous ces soirs
Je vais juste renoncer.
Pigalle - Joseph d'Anvers
Pix By Edona.
24 février 2009
Fois Huit.
Fière, à la puissance huit.
Merci, fois huit.
J'ai du mal à vous le dire
Tellement honte d'en sourire
Heureusement que j'ai eu mal
Tout ça était fatal
Ca me fait rire qu'à moitié
Ca me fait rire en silence
S'il me reste un sanglot
Une petite lampe allumée dans mon âme
Je les offrirai aux autres
Je me suis pardonnée







