27 septembre 2008
Paris.









Paris de Cédric Klapish.
Il y a ce film. Paris. Qui m'a touché plus que de raison.
Et puis. A côté et dedans à la fois. Il y aura eu Paris et moi.
Il n'y aura pas eu que cela, certes. Mais il y aura eu cela. Au moins.
Cette inestimable chance d'avoir pu voir Paris vivre. Quelques temps.
Dans ces appartements, à deux pas du Luxembourg, de Montparnasse ou de République.
Plus que des vies. Des âmes. Des étoiles. Pour danser avec Paris et moi.
Il y aura eu Paris, au moins.
14 février 2008
Sourire.
La première. La première de l'année. Là, dans un petit rayon de soleil. Dans un bout de pelouse. Sur les Champs Elysées. La première violette de l'année. Et elle fait remonter un tas de sensations et de souvenirs d'autres champs. D'autres soleils. Trois fois rien, certes. Plus tard soutenus par les sourires de deux petites canailles. Pour effacer le reste. Aujourd'hui, mon cadeau du hasard, la première violette de l'année...
By L'Autre.
21 novembre 2007
AaRON, l'albatros.
AaRON.
Olympia.
20.11.2007.
Paris.
1 ère partie : Declan De Barra.
Un rideau rouge. Mythique. Et plus encore. L'Olympia, pour décor. Pour la magie aussi et le souffle des étoiles qui l'ont embrasé par le passé. Rien ne filtre devant le rideau clos. Tendu à l'extrême. Les moindres mouvements du velours sont épiés. Mais le temps s'étire. Les clameurs se font entendre. Certains tapent des pieds. D'autres patientent assis. D'autres encore, savent à quoi s'attendre et donnent leurs prévisions. Et quand les premières notes résonnent et que le rouge molletonné fait place au noir, tous crient. Applaudissent. Et frémissent. Entrée en scène avec la seule chanson en français "Le Tunnel d'Or". La féérie de la salle se insuffle d'emblée des frissons. Le son ceint les spectateurs. En un arc de cercle intense. Noyade dans les moindres souffles garantie. Des murmures aux variations symphoniques, vocales, toutes les cordes vibrent.
C'est un peu toujours la même histoire quand les artistes entrent en scène. Et jamais vraiment la même. Celle-ci est peu commune, peut-être. Un duo au devant de la scène. Textes et musiques au diapason. Simon, la voix du duo, le dira lui-même a plusieurs reprises. Ils sont un peu surpris d'être là. D'être attendus. D'être saluées. Et pourtant...
Olivier au piano. Simon au micro. Et tout débute avec force de percussions et de sons. Plein les oreilles et plein les yeux. Sobre et intense. Les lumières se baladent sur la scène. Sur les premiers rangs. Et pleut un rideau d'étoiles. Le son pulse sans étourdir. Juste ce qu'il faut pour que tremble la cage thoracique. Les chansons se succèdent. Trop vite. Les solos de violoncelle rythment les silences. Le piano d'une note ferme et tendre soutient toutes les mélodies. Et la voix de Simon, éraillée par trop de concerts. Trop de route. Et trop d'émotions. Cristallisent bien plus d'émotions que toutes les gamme des sensations. D'un mot entre deux textes, il apaise les tensions qui le font planer et ne pas saisir dans la seconde toute l'ampleur de l'instant. Un Olympia en chœur. Un Olympia debout. Quelques phrases jetées comme à des amis de passage dans son salon. Sans habillage. Brutes. Maladroites, peut-être, mais franches. Et la musique repart de plus belle, comme ses danses sur scène. Tel un albatros. Il déploie ses grandes jambes. Ses grands bras. Et virevolte. Tournoie. Cours et sautille. Harangue la foule à le suivre sur le refrain d'O Song. "I don't care what people say. I'm dreaming louder everday" Il danse. Se cabre et se tord. Implorant le ciel puis la terre. Le ciel encore. Il ne semble pas en croire ses yeux. Et les rayons des projecteurs le bercent. En une lumière doucereuse, le transportent. Et avec lui, l'Olympia. D'une balade à une complainte. D'un morceau rock sur lequel Olivier magnifie sa guitare électrique à une envolée de cordes. Chaque morceau de l'album est réorchestré. Revisité. Effets garantis. Surtout sur U-Turn et Mister K.
L'album défile. Un peu trop vite. Du sourire aux larmes. Pour quelques grains dans la voix de Simon. Et le discret ravissement d'Olivier, derrière son instrument. Des paroles reprises en choeur ou en silence, du bout des lèvres. Une valse à cordes. Quelques surprises. Un morceau de Janis Joplin. Les percussions sur la caisse d'une guitare sèche. Un autre de Björk. Hunter. Revu et corrigé. Intensifié. Un autre de Leonard Cohen. Tant attendu. Un chapeau sur la tête. Une révérence. Après deux rappels. Les images sont dans la boîte de leurs souvenirs.
AaRON ou l'énergie du désespoir.
Petit clin d'œil à Eliane et Libellule.
Pix By Ankylosée.
28 novembre 2006
Au pays de ...

By Through.
C'est un peu comme une porte des rêves. Un brin magique. Une réaction comme le réflexe de Pavlov. Un peu. Avec la violence du désir annoncé en moins. Et des sourires béats en plus.
Quelques pas à peine. Et même si nous ne sommes dupes de rien. Des techniques commerciales. De l'affûtage des détails qui déclenchent à coup sûr des réactions en chaîne. Cela fonctionne. Stimulus en série qui imprègnent les zygomatiques. Et le rictus monte. Sincère et vibrant. Imperceptible au début. Puis s'installe durablement dans un looping du Space Moutain. Une avenue pavée de couleurs chatoyantes. Estampillées de deux oreilles. Mais ce n'est pas très important en fin de compte. Une musique comme une ritournelle qui s'immisce dans la mémoire vive et se chantonne du bout des lèvres, gênée, à peine le pied du château rose et parme atteint. Puis en duo. Pour les canons. A moindre décibels, cependant.
Commence l'attente. Souriante. Ponctuée de rires échangés. Les cils papillonnent à une allure folle. D'abord à l'abri du regard de l'autre. Mais c'était sans compter sur l'excitation réelle du rendez-vous avec la Mission 2 du Space Moutain. Et explosent les plaisirs des yeux. Des sens. Dans les couloirs sombres s'alignent les fous relatifs. Amateurs de sensations fortes et déserteurs rattrapés par l'encolure. Vibrent les tôles en ferraille à chaque passage de l'engin qui déboule à toute vapeur. Lui* ne semble pas très rassurée pendant que l'impatience grimpe pour elle*. Les cris des demoiselles et des messieurs peu rassurés s'éloignent et reviennent. En vague. Un râle. Mêlés des exultations des érudits. Et à présent, l'envie fait sautiller sur place. Enfin. Les grands frissons. Les harnais de sécurité s'enclenchent. Le sourire aussi. Et boum, ca part. Un flash à la première descente. Celle qui cale dans les startings blocs. A plus de 45°. Et. Boulet de canon. La fumée. Musique et premiers cris des effrayés crachent en choeur. Les premiers "ouhouhhh !!! " des amateurs de sensations fortes. A coeur joie. Looping. Vrilles. Demi-looping. Accéléraration. Plongées en spirales. Décélération. Jeux de lumières. Petites secousses ... finales. Vite, recommencer. Mais le parc est grand. Les semelles vont s'en rendre compte. Les jambes aussi. Des petits riens. A foison. Une guirlande. Un morceau de musique. Les rires des enfants. Et Aladin qui passe. Le bateau des Pirates. Les doigts qui désignent toutes les choses que nous n'auront pas le temps de voir. Les yeux des bambins. Et sa main sur l'épaule. Les cris des ados aux chefs parés de deux oreilles, avec ou sans noeud rose à points blancs. Et pas seulement eux. Quand viennent la nuit et le froid. La parade s'habille de lumières. Scintillantes. Les mains des princesses dansent au-dessus de leurs têtes. Les cadets s'endorment dans leurs poussettes. Les aînés les saluent. Les yeux, toujours, brillent. Malgré soi. Mais avec douceur. Et délices.
13 novembre 2006
Persistance sensorielle.
A peine. La porte poussée, et submergée. Par son odeur. Diffuse mais présente. Chassant la sienne. Créant la leur. Mais dans sa main, la sienne ne siège plus. Sans sa présence derrière elle. Et son cou, déserté. Rempli de l'absence. La sienne. D'un vent léger. Glacial. Elle referme le rideau pourpre sur la porte.
Sur le canapé. Sur certains mailles de son pull aussi. S'accumulent des particules de lui. Des petits brins de parfum. Le sien. Petites senteurs d'un ailleurs dans les murs. Le leur. Elle n'en peut plus. Elle tombe au coin des rues. Et s'endort sur les rayures de la couverture avec lui. Un peu. Mais les mains qui croisent son corps au réveil ne sont que les siennes. Froides.
Par petites touches. Des traces de lui. D'eux. D'un week-end. Ca ou là. Une guirlande de post-it bleu. Un rappel. Un clin d'oeil. Et un doux revers. Une découverte entre les rayons. Une autre écriture. Noir sur bleu. Pour un autre destinataire. Pour une nuée de sourires. A la nuit tombée.
28 octobre 2006
Mister K.
Elle a beaucoup marché. Comme souvent le samedi. Au milieu des gens qui n'ont le loisir de s'empiler les uns sur les autres qu'en fin de semaine. Elle se faufile dans la normalité. Dans la foule. Même si elle ne sait pas toujours poser son regard sur cette vie grouillante. Sans doute a-t-elle l'air hautaine. Du haut de ses bottes. Enroulée dans son châle noir. Les cils papillonnant sans cesse. Ne sachant se poser. Alors qu'elle n'est qu'une quémandeuse parmi d'autres. Et une rêveuse. Elle ne voulait pas râter le rendez-vous. Celui sous-entendu. Vaguement proposé. Fantasmé. En rien fixé. Alors elle est sortie. Dans Paris. A retrouvé ses mûrs familiers. Tant longés. Elle s'est dirigée droit devant. Jusqu'à la Bourse. Elle s'était un peu arrangée. Elle se répétait de ne pas y croire. De ne même pas le supposer. Le désirer. Que les chutes sont toujours plus dures ensuite. Surtout ne pas le désirer ni l'espérer. Sans cesse à lui trouver d'excuse. De la logique pure et simple, en fait. Elle a défait les liens de ses utopies naissantes. Elle n'aurait même pas du y penser. Comment aurait-il pu être là? Il savait, oui. Le lieu. Le projet de ballade. Mais pas ses horaires. Pas plus que les chemins qu'elle emprunte habituellement. Les détours qu'elle aime faire entre les châtaigners de ce jardin auquel elle tient. Oui. Mais. Quand même. Elle se prend à espérer. Un grain de folie. Un souçon de hasard. Ou de chance. Ou de magie. Un beau mélange. Une pointe au moins. Pour contenter son côté fleur bleue. Son petit goût démodé pour que les premières avances soient masculines. Elle avait déjà avancé beaucoup de cartes. Tendu des mains. Déposé le programme de sa journée.
Elle est restée sur le seuil.
Elle a traversé des rayons entiers. Des parures à faire palir d'envie les moins coquettes des demoiselles qui déambulent dans les allées de la maison au double K. Ou dans d'autres travées de prêt à porté. Et elle a fuit. Ce ne serait pas raisonnable. Enfin si, parce que la vie ce n'est pas être raisonnable. Ou pas toujours. Mais pas dans ce sens là, vers elle. Les magasins hors de prix, ce n'est pas de son rang. Seulement pour faire des cadeaux. De ce qui ne font pas honte. Pour les coups d'inconscience si doux quand ils pétillent dans les yeux d'autruis. Sans qu'il n'y ait de boules de Noël colorés dans les parrages pour vouloir faire naître ses quelques lueurs. Trop de monde ne tue pas toujours la solitude.
Elle a rejoint la surface.
Le samedi. Dans Paris. Elle a toujours mille choses à faire. Et tellement rien en fait. Seulement craquer devant les vitrines. A essayer des vestes sublimes dans les magasins des grands boulevards du centre parisien. Et les rendre aux vendeuses tout sourire, en prétendant que "Non, ça n'allait pas". Et user ses semelles sur le bitume. A hésiter devant les murs de cartes postales. Elle doit lui écrire. Certes... Elle tourne en rond dans ses parcours préférés. S'échoue souvent en bord de Seine. Et regarde passer les gens sur le quai. Sur les bateaux-mouches. Amasse leurs joies manifestées. En fait des tas. Comme ceux de feuilles d'automne. Pour qu'elles la colorent. Toujours une chanson en boucle dans le creux du vague à l'âme. Une ritournelle qui la fait se balancer doucement au-dessus d'un cahier marron qu'elle rougit à tour de bras. De tout et rien. De tout et n'importe quoi. Le dos contre la pierre, elle dessine du bout de la pointe un instant volé à la beauté d'un ciel bleu. Traînées de pensées en réacteurs d'avions. Et soleil discret mais éclatant pour teinter le décor.
Elle est rentrée.
Elle serait bien restée là. A prendre du temps pour elle. A ne rien faire d'autre que de grapiller quelques pages de "Julien Parme". Elle lui accordé quelques sourires entre les lignes. Mais peut-être pas seule.
Elle a beaucoup marché.
Quand enfin, ses boucles indisciplinées ont déserté son cou sous un léger mouvement.
Quand enfin, une douce pression a enserré sa taille.
Quand enfin, sa main a accusé réception d'un petit poids chaud au creux de sa paume.
Il était là. Juste à temps. Pour déposer dans son cou un baiser. De ceux qui lui tirent toujours un sourire mi-gêne mi-plaisir. Une invitation. Il le sait. S'en amuse. C'est sa parcelle de peau à lui seul. Pour l'enlacer après une journée d'absence. Pour glisser sa main dans la sienne et les balancer au grès des mots échangés sur un pont.
Il était là. Ils étaient seuls. Ils étaient deux. Eux deux. Seuls à eux d'eux.
Ce n'était qu'un courant d'air qui a soulevé la brousaille de ses cheveux.
Ce n'était que la pression du dernier cran de sa ceinture sur sa hanche droite.
Ce n'était que le poids de son sac à main et la chaleur fatice de la lanière dans sa paume.










