07 novembre 2009
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Je fais n'importe quoi.
C'est encore ce que je fais de mieux.
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Mano Solo - Rentrer au port
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22 septembre 2009
Au propre comme au figuré.
Il a trois ans et demi. Babille sans cesse des histoires réelles ou
fantasmées, se retourne sur tout ce qui lui échappe encore, sur ce qu'il a encore à dévorer dans ses découvertes incessantes, se pose des questions sur tout. Intègre tout et le restitue avec les sourires de l'enfance qui font rire les adultes qui l'ont oubliée. Il ingurgite le monde. Avale. Sans se poser de questions. En trouvant ça 'trop
chaud', 'trop bon' ou pas accommodé à son goût du jour, quelques fois. Il a ses préférences, ses envies, ses pêchés mignons que rien ne tarit. De véritables cris de désirs. Entre chaque bouchée, il vogue sur d'autres sujets ou à l'inverse contemple son bonheur inné à chaque fourchette. Joue avec les saveurs, commente la cuisson, la façon dont tel ou tel aliment fond dans sa bouche d'enfant, évoque d'autres repas, d'autres qualités des aliments. Et marque son plaisir par des exclamations. Parfois, il regarde la télé en même temps. Focalisé sur autre chose que la question de la
nourriture qui le régale ce soir.
Il a trois ans et demi. Je prépare son repas. Son assiette. Finis par poser la mienne à côté de la sienne. Pas par envie, mais pour ne pas le perturber. Pour qu'à aucun moment ne lui vienne l'idée que l'on puisse ne pas manger. Pour ne pas en être responsable. Pour que rien ne salisse son plaisir pris trois, quatre fois par jour, quand l'envie lui en dit aussi. Pour qu'aucune ombre se passe au-dessus de son assiette. Pour qu'il conserve ce réflexe, ce mécanisme sublimé par le plaisir pris. Plus âgé, il serait moins fragile peut-être. Mais il pose déjà beaucoup de questions, s'entête à comprendre chaque fait. Ce à quoi il ne parvient pas toujours. Je dîne avec lui pour ne plus entendre son interrogation qui fait aussi mal que la réponse absente, par trop lourde : " Tu ne manges pas ? Pourquoi ? "
Il a trois et demi. Je regarde son assiette, ses gestes fluides qui la vide. Son impatience pour connaître la suite du repas, ce dessert qu'il attend parce qu'il "est gourmand et veut le rester toute sa vie". Je regarde mon assiette. Elles ne sont jamais les mêmes, et sur tant de points. Je compare silencieusement en donnant la réplique à ses réflexions, ses histoires, en le regardant si détaché et si prompt à aimer ce qu'il avale. J'exulte, soulagée, de tant de désinvolture et de contentement.
Il a trois ans et demi, et avec une joie non dissimulée, il mange.
Il a trois ans et demi, et il mange plus que moi. Et moi, je tangue. Au propre comme au figuré.
Photo : Intao
Musique : "Autant de peine que de toi" - Zazie.
Humeur : chancelante.
30 mars 2009
Fumée, 17 ans & Silence.
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Je viens de trop loin pour arriver quelque part.
Autant en rester là.
Se sera le combat de trop. Celui qu'elle gagnera.
Je ne suis pas armée pour ça, le comprends-tu ?
On peut se battre des années, et un jour, céder.
Pour l'éraflure, le mot, la conséquence de trop.
Il faudra tout couper. Rompre les attaches pour mettre fin à ces douleurs qui gangrènent l'envers de ma peau. Souterraines. Muettes. Comme ce qui se trame au fin fond de la sombre âme. Les points sautent. Les liens se déchirent sous l'intense étirement des nœuds qui lâchent, se délitent. Ficelles. Elles gagnent du terrain, de la chair. Il faudra faire tomber les ponts pour maintenir le sourire à flots, le temps que cèdent les dernières digues, que les tissus se disloquent tout à fait, de l'intérieur. Pour sauvegarder ce qu'il reste encore de cœur. L'âme a déjà pris son envol, dans un filet de grise fumée inhalée sans être rendue à l'air pur.
Pix By Gnato.
Une fille sous l'essuie-glace, Son image qui passe.
Pour mieux s'envoler, Un peu plus léger.
Ses pupilles argent, Nos cheveux au vent.
Avant le déluge, Avant que la luge.
Quitte la route. Et puis.
Plus rien c'est fini.
Escape Lane.
Escape Lane - Clarika.
20 mars 2009
Toujours.

Et je finis par tout salir. Toujours.
Un soir
Tu t'endors
Au matin, quand tu ouvres les yeux
Autour de toi, il n'y a rien que ce vide qui te ressemble un peu.
Mais pourtant - Coralie Clémentt
By LittleFlair
20 janvier 2009
...
Je me fais trop vieille pour ces histoires là.
Pour feindre encore de les croire.
Pour avaler les mots sans ciller.
Trop vieille. Bien trop vieille.
08 janvier 2009
Des vents contraires.
Le tout a un goût de trahison. Un lent poison inoculé aux premiers mots tendus quand il s'était approché pour les quémander. Les dès ont toujours été pipé. Je n'ai jamais été à la hauteur, jamais été un égal. Juste un outil. Et cela me va. C'est moi qui ait donné les règles du jeu. Le tout cède au retour poisseux de ma lâcheté, qui englue mes presque légitimes protestations nourrie d'une solitude sans fond face à cette amitié qui s'étiole. A force d'avoir la faiblesse de me taire, reviennent en rafale les déflagrations et l'incompréhension face aux bribes de mots enfin murmurés. Il ne fallait rien dire, je l'ai toujours su. Je n'aurai pas du écouter les "il faut", ils mentent autant que moi. L'effort d'appeler au secours, avec toute la maladresse qui me caractérise, n'aurait pas du être fourni. Il s'en moque de mes mots tant que j'écoute et répond à ses maux. Les console. Son indifférence et ses reproches me sont revenus comme un boomerang en plein visage. Cisaillée. Il avait perdu l'habitude de m'entendre utiliser le "je" dans la catégorie confessions. Il ne sait plus que m'opposer ses contestations et son "je" en guise de réponse aux rares miens et à tout aussi rares aveux de besoins. Il ne me voit plus qu'à travers lui, à force de ne plus entendre parler de moi. Je ne lui en veut pas. J'ai juste un peu mal. Un peu plus. Je me perds sur tous les bords, plus seulement dans mon regard, mas aussi dans ses yeux. Comme dans ceux de tant d'autres. Les plaies s'élargissent dans mon cœur de poltronne déséquilibrée. Emprisonnée entre ma couardise, mon rôle huilé, mon incapacité à crier, à gonfler le torse et les habitudes que je lui ai donné d'être le support à son "je", pas une incarnation à part entière du mien, je reste interdite. Pas un mot plus haut que l'autre, je me tapisse dans le décor de peur de le voir s'effriter. De rayer de mes larmes ses sourires, de lui voler ses sombres épanchements en énonçant ponctuellement mes douleurs pourtant quotidiennes, même si j'aurais été, ce jour là, la première à me risquer à l'honnêteté. De peur de me retrouver plus seule encore, peut-être bien. Au nom de cette fidélité dont je me gargarise souvent. Le tout a un goût amer et vire à l'indigestion.
A l'auto-indigestion.
&
Et j'vais me dire que c'est pas grave
Que c'est juste un mal comme un autre
Que tous ceux qui m'aiment le savent
Et se disent pas que c'est ma faute
Mario Pelchat - Linda Lemay.
Pix by Suo Me.
30 novembre 2008
Bérénice.
Des ailes. Pour quelques mots, écrits, reçus, murmurés ou ris. Des regards et des présences. Proches ou lointaines à présent, mais pas à l'aune du coeur. Éphémères ou durables. Mais toujours criantes de sincérité. Des mains. Des yeux vers l'horizon. L'espoir de quelques jours partagés. De quelques heures volées. Du rien sans le poids qu'il traîne habituellement dans son sillage. Des projets d'un jour ou dans la pierre. L'Autre. Les Autres. Tant aimés. Si précieux. Et Paris sous les pieds, au soleil ou de nuit. Une sensation de bien-être et de légitimité. Un sentiment toujours un peu nouveau tant il est ponctuel. Mais d'une exquise douceur.
Merci.
17 novembre 2008
(sans titre)
Paris sous mes bottes. Et dans son ciel, le gris de novembre, du bitume, des nuits trop claires et des cœurs trop lourds qui ne vont pas par deux. Du poids du corps et des jours qui n'en finissent pas. En boucle l'album
sur lequel je pourrais bien me foutre en l'air. Appel
trivial de ces notes. Des appels muets comme des cris dans Paris, sourd dans sa beauté. Je cours sur les pavés comme je marche sur l'eau. Avec la conscience de couler. J'arpente les rues sous le ciel gris-rose de mes illusions perdues, en cours d'extermination. Coulent des taches rouge
que seuls mes yeux sentent le long de mes bras. Frappent des coups que
seuls mon estomac et les battements de mon cœur encaissent dans des
sourires plus francs les uns que les autres. Plus rares les uns que les
autres. Doucement le palimpseste vire au monochrome. Paris &
ce que j'aurai du être. Fantôme bien trop opaque encore qui use ses
talons d'orgueil dans les arrières cours. Les anti-chambres. Et
chancelle sur quelques notes de silence. A pleine bouche, le vide.
Paris & ce que je ne serai plus. Jamais. Je peux mourir en paix,
presque. J'aurais tout connu. Je n'aurais rien connu. Pas
l'indispensable, c'est sûr. Mais le manque ne sera jamais comblé.
Chimère que de croire encore le renversement possible. Paris, je cours dans tes ruelles. Me sème. Me perds. Avale moi, comme je t'avale. Paris & ce que j'aurais pu être. Je m'en mets plein les yeux. Plein les jambes. Plein l'agenda. Plein les poches comme des cailloux qui abrègent la chute. L'envol. Je n'enlace pas. Je frôle seulement les devantures. Les âmes. Les possibilités. J'apprends à me passer de l'essentiel.
By Edona
01 novembre 2008
Tombeau de Neige.
Ce n'est rien. J'ai froid. J'ai froid dehors. J'ai froid dedans. Il me manque des bras. Des bras qui me serreraient. Fort, si fort. A en étouffer, presque. Il me manque un cœur. Un cœur à aimer. Un autre un faire battre. J'ai froid. J'ai froid dedans. Là, à l'abri des regards, au-delà du frisson sur la peau. J'ai froid dedans. Tout au fond. Là où la vie bat.
Held me close By Edona.
02 octobre 2008
Et ces vagues, qui toujours, retournent à la mer.
J'aurais pu écrire un roman sur les causes et les pourquoi. J'aurais pu détailler. Tout. Ou presque. Enfin, certainement trop peu de choses. Ou seulement ressasser malhabilement. Inutilement. Cela n'aurait rien changé. J'aurais pu appeler à mon secours Francis, Damien, Zazie ou Raphaël, Camille, Mylène. Bien des auteurs aussi. Eux ont les mots justes, et ouvrent des pistes. Donnent corps aux silences. Ils détiennent les mots qui avouent., encouragent. Mais au fond, à quoi bon, l'analyse n'a pas d'importance. Les battements de mon cœur me faisaient mal. Jusqu'à me priver de petites morts, toutes les nuits. Et sans ces trêves, malgré le spectacle de certaines nuits, j'étais fatiguée. Bien trop pour continuer. Alors, sur le bord de la route, simplement, je m'arrête.
Keep Fallin By Soheir.
Prenez bien soin de vous.







